Les focales extrêmes

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Quand on aime la photo que ce soit une passion naissante ou de toujours, les focales extrêmes font le plus souvent rêver.

Qui n’a pas un jour eu les yeux qui brillent devant un ultra grand-angle, devant un objectif ultralumineux, devant cette focale macro qui arrive au rapport 1:5, devant ce super téléobjectif, devant cet objectif à décentrement à bascule…etc?

Je reçois assez régulièrement des mails me demandant s’il faut craquer pour ce genre de focale.

Les plus experts d’entre vous, ceux qui utilisent pour une raison ou une autre ce genre d’objectif confirmeront que malgré l’envie qu’ils suscitent, il faut faire un peu attention avant de se précipiter dans un tel achat.

Pourquoi?

Tout simplement parce que ce n’est pas toujours facile d’utiliser ce genre d’engin, c’est même parfois difficile.

Plus l’objectif va être spécifique, plus les difficultés vont aller en augmentant.

Dans les objectifs qui font rêver, les 24/1,4 les 50/1,2 ou autres 85/1,2 sont des objets de légende. Pourtant, maitriser une PDC (Profondeur De Champs) aussi courte qu’offrent ces optiques n’est pas forcément facile.

Pour chaque spécificité qui fait la force d’une optique, il y a en contrepartie une difficulté à surmonter.

Il ne faut pas croire que cela ne concerne que les débutants !

Je me suis moi-même fait piéger avec un objectif macro (MP-E-65/2,8) qui permet un rapport de grandissement de 1:5, j’ai raté toutes mes photos, car j’ai bien été incapable de maitriser la bête.

J’en vois rire dans le fond, mais croyez bien que lorsqu’on n’a pas l’habitude on peut vite se faire piéger.

Qui a déjà essayé un objectif à décentrement à bascule ?

On est rapidement surpris de voir à quel point on peut avoir de la peine à obtenir ce que l’on souhaite.

De même, prendre une photo avec un ultra grand-angle, contrôler la déformation pour que le rendu reste esthétique, ce n’est pas aussi facile qu’il n’y parait.

Pour l’anecdote, le jour où j’ai fait la photo d’illustration, un amateur de photo était là avec son appareil sur lequel il avait monté un très sympathique 55-200mm. On cause un peu, et je finis par lui montrer la photo que j’ai prise quelques minutes avant. Il me dit alors:

Avec un tel matériel, c’est bien plus facile.

En effet, je ne pouvais pas lui donner tort sur le fait qu’avec mon doubleur mon objectif devenait un très pratique 800/5,6 qui aide à vraiment pour le « rapprochement« .

Pourtant, quand je lui ai proposé de l’essayer pour photographier un héron qui était sur le point de s’envoler, il n’a pas réussi à le garder dans le viseur pendant son envol.

Car bénéficier du rapprochement est une chose, mais savoir suivre l’oiseau en vole quand l’angle de champs est si étroit, en est une autre, c’est loin d’être facile (Bullit pourra confirmé, il a essayé les oiseaux en vol, et à vu à quel point c’est du sport).

Tous ses objectifs qui font rêver ont un revers de médaille, ils offrent des images superbes pour peu qu’on sache en tirer le maximum. Et parfois, cela demande pas mal d’entrainement.

Certaines focales extrêmes sont plus faciles à maitriser que d’autres, mais toutes demandent un temps d’apprentissage.

Faut-il craquer ?

Alors, quand on me la question de savoir si c’est une bonne idée d’acheter des optiques aussi spécifiques, je réponds qu’il faut tenir compte de quelques détails.

Il ne faut pas acheter ce genre d’objet si son parc d’objectif n’est pas complet. Je veux dire, pourquoi acheter un 85mm/1,2 alors qu’on à aucune optique qui plus courte que 50mm dans son sac. Pourquoi prendre un Fishe-eye si on a qu’un objectif et que c’est un 17-55…etc.

Ces instruments ont un certain prix, et il est préférable de le mettre dans des optiques qui sont moins spécifiques et que l’on utilisera bien plus souvent.

Si on a tout, il faut alors savoir se faire plaisir et s’offrir ce caillou qui nous fait tant rêver. Mais attention, il faut savoir que selon l’objectif, il faudra de l’entrainement pour en tirer le meilleur. Alors, faites l’achat, mais assurez-vous qu’il ne restera pas dans l’armoire, ou qu’il sera revendu moins d’un an après (j’ai vu un cas du même genre avec un 300/2,8 ).

Ce serait dommage de lui laisser prendre la poussière pour avoir mal évalué les choses.

Conclusion

En résumé, je dirais qu’il faut se faire plaisir, mais en connaissance de cause. Il faut bien se renseigner, si on a la possibilité d’essayer l’objet, ne pas hésiter à le faire, il faut connaitre toutes ses possibilités et ses limites, il faut bien connaitre son (future) matériel pour en tirer le meilleur.

Des objectifs de cette catégorie vont vous permettre de faire des photos exceptionnelles, mais aucune optique ne fera la photo à votre place!

Quel que soit votre matériel, je vous dis bon courage et bonne photo ;)

À propos de l'auteur:

Il est beau, fort et musclé... Enfin, s'il n'est pas tout ça, il est passionné de photo, passion qu'il essaye de vous transmettre du mieux qu'il peut!

164 Comments
  1. Sarah

    Je n’ai pas ce genre de problème encore. La seule chose qui ne fait rêver c’est de faire une belle photo.

    En parlant de belles photos, la tienne est vraiment très belle.

  2. Un article bien intéressant ma foi! C’est vrai que c’est tentant parfois de s’acheter ce genre d’objectif! Le prix peut effectivement être un frein par rapport à l’utilisation qu’on en fera. Je pense qu’il faut prendre le temps de trouver sa voie. Perso, j’utilise le grand angle et la macro dans 90% de mes photos. Alors même si les gros zoom blanc de Canon me font parfois de l’oeil, je me dis que ça fera cher de la photo si je l’utilise très peu!

  3. Haaaa le 400/2.8 pour suivre un oiseau en vol c’est sport… très très sport effectivement! Surtout avec le doubleur.

    C’est comme faire une photo à main levée avec ce tromblon: quasi impossible ou alors faut être Hulk :lol:

    J’étais aussi intéressé par le mpe-65/2.8 mais quand j’ai vu la maitrise qu’il fallait pour l’utilisé :xp: les problèmes de mise au point (qui est manuelle), et surtout le soucis de lumière à partir du rapport 1:3 voir 1:2. Il faut un trépied avec rotule, un rails et surtout un flash pour l’utiliser au maximum. Je vais finalement me tourner vers le 100mm IS macro déjà pour commencer.

  4. Moi ce serait la macro, les grands blancs fixes je n’en aurais pas l’usage. Le seul qui me ferait de l’oeil c’est le 70-200, mais pour l’instant je me contente de mon 70-300, ça donne déjà une bonne idée du « sport » à 300mm (enfin à équivalence 480mm sur mon 50D). Alors à 1000mm, c’est sûr je n’ai pas le niveau/entrainement pour suivre! :lol:

    Là le 10-20, j’ai bien mitraillé avec en Corse, je n’ai quasiment utilisé que lui! :mrgreen:
    Pour l’instant j’estime que j’ai ce qu’il me faut, et que si je dois investir, ce serait pour remplacer mon tamron 28-75 mais ce n’est pas urgent.

  5. comme déjà dit plus haut, la photo est terrible ! Par contre, l’orthographe aussi… J’ai notamment du mal avec « les oiseaux en volent » : les oiseaux sont des voleurs ? Les oiseaux sont photographiés en volant ? (il est fort, le photographe, s’il a des ailes !) Les oiseaux sont photographiés en vol ? (et je pense que c’est plutôt ça, la bonne réponse… ^^ ) [pas taper, pas taper !]

  6. Tu as raison mélusine!! Mais c’est historique, son article sur les oiseaux en vol était orthographié de la même manière.
    Il doit faire un blocage… il regarde trop les oiseaux du coup les règles d’orthographe .. se sont envolées!!

  7. La photo est superbe ya pas a dire. Au dela de la netteté et du cadrage, il ya en plus une mise en scene qui raconte une histoire. Donc tout y est
    J’ai pu constaté (encore ce matin) qu’il faut s’entrainer avec son matériel pour bien l’utiliser. Faire des test avant de matriser un objectif. Vu les 100 photos que j’ai loupé hier à cause d’une lumiere de fin d’apres midi mal maitrisée, j’ai passé une heure a tester mon objectif pour mieux comprendre son focntionnement.
    Une question, quel est le jeu d’objectifs minimum qu’il faut posseder pour couvrir une sortie (ville ou nature)?

  8. Oud's

    Enorme cette photo ^^. :ll: :ll: :ll: :ll: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

    Envie de répondre à Pierre là … ceux que tu as, le temps d’atteindre leurs limites te permettra de définir tes besoins à venir. Peu précis je sais, mais tu écris qu’il faut s’entrainer.

    (Merci de me l’avoir rappelé, j’ai un truc prévu demain et je vais jouer du boitier cet aprèm)

    • Merci Oud’s pour ta réponse. Tu as raison. J’ai déjà été bloqué apres quelques jours d’utilisation sur pas mal de photo. Et là, apres avoir pesté sur la pietre qualité de mon matériel, sur le manque d’ergonomie de l’objectif, etc, etc
      je me suis apercu que je ne connaisais pas les limites mais surtout les possibilités de ce que j’avais.
      D’ou les tests que j’ai fait ce matin pour mieux en comprendre le fonctionnement…
      Darth a raison: on sous estime souvent son matériel…faute de prendre le temps d’apprendre à le dompter.
      Ca me rappelle ce que l »éleveur de chevaux que j’ai vu hier, m’a dit.

  9. Merci pour vos retours. Mon souci est que je possede 2 objectifs. Un 28-135 et un 85 que j’utilise sur un capteur 24*36
    Je souhaite completer mon jeu de focale fixe. Un grand angle, un pour du portrait.
    Le 85 est excellent en portrait rapproché mais de trop pres à mon gout. Peut etre qu’un 50?

    Ok, il va falloir que je fasse des essais de plusieurs objo pour me décider !!

  10. ouais sympa cette photo
    (quoi je suis de retour lol)

    c’est sûr certains objectifs font rêver
    mais moi c’est le FF qui me fait r^ver là actuellement car disons que mon parc d’objectif sur mon D90 est assez complète je trouve :
    10-20
    18-105
    70-300

    mais le jour ou je passe en FF, ça sera presque al même chose mais en plus haut de gamme et tout à F2.8 :-P
    12-24
    24-70
    70-200 et un doubleur ^^

  11. steve54

    Hello Darth,
    je vois que tu as eu le MPE 65, je m’étais posé des questions sur ce cailloux. Après, être aller sur différents blogs, j’ai pu constaté qu’on ne pouvais pas s’en servir comme un 100mm macro (pour du portrait par exemple). Par contre, je pense que des objos extrems peuvent être quand même sympas car ils pourront procurer des toffs qu’on ne pourra pas sortir autrement.
    Les objectifs à décentrements peuvent être sympas pour de l’architecture, moi qui aime ce genre de photo, je me demande si je n’y passerai pas un jour. Pour le moment, je redresse sous TOshop (je ne sais pas si le résultat est le même).
    Un 500mm me plairai aussi mais là le prix me freine carrément !
    A+

  12. Attention, je ne dis pas que ce n’est pas utile, je dis juste qu’il faut bien savoir qu’elles sont les possibilités et les inconvénient.

    La preuve, j’ai acheté un 400/2,8, dans le genre focale extrême c’est pas mal du tout ! ;)

  13. Darth, je reviens maintenant sur ton article qui retranscrit vraiment bien la difficulté à maîtriser ces objectifs spécifiques ; Ce matin, j’ai juste pris le temps de te féliciter pour cette magnifique photo.

    Ensuite, je suis parti en famille pour une ballade en Italie, à Suse. J’avais dans l’idée d’utiliser ce beau décor pour réaliser des images s’inscrivant dans ma démarche actuelle, essentiellement basée sur la faible PDC. Mais je voulais aussi faire des « photos de famille ».

    Et bien je n’ai emporté sur mon 5D que le 24 f/1,4.
    Si ce n’est pas une focale extrême pour réaliser des portraits, la plupart du temps à PO et en gros plan !
    Comme souvent, j’ai énormément de déchet (vive le numérique) mais il me semble que je m’en suis sorti avec quelques portraits parce que j’ai utilisé cet objectif selon ses possibilités plutôt que de le contrer et d’attendre de lui des photos que seul un téléobjectif saurait rendre.

    En gros, puisque l’objectif déforme les visages qui ne sont pas centrés à 2 mètres et que je préfère les cadrer à 30 cm sur les bords de l’image, il m’a fallu jouer avec ces déformations sans ridiculiser mes modèles. La très faible PDC aide bien pour cela en ce sens qu’on prête moins attention à une déformation si elle est dans un flou assombri.
    Je pense en particulier à un cadre où j’ai placé à contre jour une porte antique et sur lequel j’ai demandé à ma jolie nièce de se pencher juste devant la lentille frontale. Son menton était vraiment trop déformé par l’objectif ; je lui ai demandé de cacher le bas de son visage derrière son écharpe. ICI, si vous voulez voir.

    En fait, ces objectifs dont tu parles – j’ai le 24 f/1,4 et le 50 f/1,2 ; j’aurai le 85 f/1,2 et le 14 f/2,8 – sont effectivement exigeants avec le photographe mais ils sont tellement gratifiants ! Quand j’en choisi un pour une sortie, je n’aime pas partager mon attention avec un autre objectif et tant pis pour les images qu’il ne sait pas faire ; j’en fais / j’essaie d’en faire / d’autres qui lui conviennent.

  14. Très bonne synthèse qui démontre bien que ce genre de matériel doit être apprivoisé pour en tirer le meilleur.

    Et ton portrait fort sympathique montre que tu maitrise bien la bête.

    Comme tu lexpliques, pour y arriver il faut connaitre les points forts mais aussi les points faible.

    Merci pour ce commentaire très pertinent ;)

  15. Oud's

    Bravo Jérôme, et pour cette image, et pour ton explication, c’est exactement ma sensation également. Faire des photos et déclencher, du mieux que l’on peut avec ce que l’on a à disposition. En maitrisant dès la pdv.

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