Darth's Blog

Photo : encore un sujet banal…

Notre passion de la photo se fait toujours par étape, qu’on prenne le premier amateur ou le meilleur photographe du monde, on a tous commencé de la même façon, on a tous été débutants.

C’est d’ailleurs tout le charme de cette passion, passer des étapes.

Quand on est néophyte, débutant de la première heure, le plus troublant, ce qui fait peur, c’est toute cette technique, le jargon, les réglages, toutes ces choses qui nous semblent difficiles.

Puis le temps passe, et on assimile très bien toutes ces notions.

Arrive un moment, où l’on “maîtrise” très bien les bases, ce moment où l’on pousse notre créativité, où l’on va chercher des difficultés.

Ce moment qui nous fait penser:

Enfin, on est un bon photographe

Certes, on est loin d’être le meilleur, mais on n’est plus le petit débutant, on gère, on sait ce qu’on fait !

On sait et on comprend l’influence des différents réglages sur une photo. On en joue, on en profite, on se fait plaisir !

Mais c’est aussi un moment dramatique de la vie du photographe, le moment de…

La banalité des sujets :

Voilà un passage assez particulier où le photographe cherche toujours le meilleur sujet pour ses photos et finit par se détourner de ce qui lui semble banal.

Voici par exemple un texte venant d’un forum (j’apprécie beaucoup l’auteur, donc, ce n’est pas une critique) qui montre ce que l’on peut ressentir lors de cette période:

Depuis que je me suis mis à la photo, je n’arrive vraiment plus à prendre des photos de famille ( lors de repas,etc. ) et des photos de tous les jours que n’importe qui peut prendre avec un APN compact par exemple.
Cela ne m’intéresse plus et je prends même par plaisir que très rarement des photos, car il faut vraiment que j’y trouve un but artistique, un but de progression, un but d’essai, etc…

TryballModérateurPhoto-forum

Ceci est un exemple parmi tant d’autres. Si on parcourt un peu les forums, si l’on discute avec des photographes (je vois souvent ça avec mes élèves quand je donne des cours), plus ou moins tout le monde passe par cette période.

La question à se poser est simple…

Est-ce un simple passage ou un fatidique état d’esprit ?

La réponse est complexe, car différente d’un individu à l’autre.

Le plus “dangereux” serait de s’enfermer dans cette pensée et de se transformer en “bobo” de la photo qui décide ce qui mérite ou pas son talent impressionnant de photographe.

Sauf qu’à un moment, il faut revenir sur terre, descendre de son nuage de photographe trop doué pour les scènes “banales” et comprendre qu’aucun sujet n’est mieux qu’un autre.

En réalité, toute la différence entre une bonne et une mauvaise photo, n’est pas tant le sujet que l’on photographie (bien que ça puisse compter), mais surtout comment on met en valeur ce fameux sujet.

En résumé, il n’y a pas de sujet ou de scène banale, mais seulement des photographes qui pensent le contraire, car ils recherchent le sujet extraordinaire.

Au même titre que le matériel ne fait pas la photo, le sujet ne fait pas non plus la qualité de la photo.

Il faut donc penser autrement…

Sublimer la banalité :

Voilà le challenge, celui de rendre une chose banale intéressante.

Si vous croisez au bord d’une route un faucon pèlerin en train de se battre contre un renard, le tout observé par l’œil étonné d’un grand cerf, et que vous prenez cette photo, vous aurez LA photo du siècle. Celle qui risque de gagner tous les concours, car le sujet de la photo est extraordinaire.

Pas besoin de plus !

Mais avouons tout de même que dans notre pratique de la photo, c’est le genre de scène qui se fait rare, et au final, aucun challenge, notre seule qualité aura été de se trouver au bon moment au bon endroit !

Cela devient bien plus “difficile” de relever le défi de faire d’une scène banale une photo au top !

Il faut donc voir les repas de famille, les sorties entre amis et toutes situations banales comme un défi pour votre âme de photographe :

Tirer de cet instant une photo digne d’intérêt !

Nous avons maintenant un but, un challenge, un défi à relever, il va donc falloir être à la hauteur de la tâche que nous nous sommes  imposée !

Car il est facile de jouer les blasés en décidant quel sujet mérite ou non son attention de photographe, mais cela devient bien plus difficile quand on s’impose de réussir une photo quel que soit le sujet !

La question est donc…

Comment s’y prendre ?

Si vous comptez sur moi pour vous donner des astuces techniques, des réglages, des positionnements dans l’espace…etc., c’est raté !

Je vais vous aider, mais pas vous mâcher le travail.

Je vais vous donner un petit coup de main avec une seule astuce !

Et cette astuce c’est tout simplement: Votre état d’esprit !

En effet, il faut y aller avec deux choses en tête :

  • Je vais relever un défi
  • J’agis comme si c’était une commande

Pour la partie défi, je crois que vous avez compris. Le but est de voir la “banalité” comme une difficulté à surmonter, donc, comme un challenge !

Pour le deuxième point, le but est de se mettre un impératif, pour “s’obliger” à faire le travail.

Si vous êtes invité à l’anniversaire de tonton Georges, rien ne vous oblige à prendre une photo. Challenge ou non, si vous avez ce manque de motivation, vous ne ferez rien.

Par contre, si vous envisagez la nécessité de résultat comme un travail commandé, cela va vous obliger à tenir votre “contrat”.

Pour ce faire, et le jeu en est que plus amusant, imposez-vous certaine contrainte, comme:

  • Réussir au moins deux portraits
  • Réussir au moins une photo d’ambiance
  • Réussir au moins une photo de groupe
  • Tentez une nouvelle technique (par exemple pose lente, flash déporté…etc.).
  • Réussir….etc.

Avec ces points précis du contrat, cela vous donnera une ligne à suivre, un chemin, des buts à atteindre.

Conclusion :

L’étape de la photo “banale”,  on y passe tous à un moment ou à un autre.

C’est cette période où l’on sent que l’on maîtrise son appareil et où l’on souhaite obtenir un sujet digne de ses nouvelles capacités.

C’est justement dans cette période qu’il faut se ressaisir et comprendre que la photo est un tout.

Elle demande effectivement un bon sujet, mais elle demande un bon opérateur et au final, un œil qui sait voir ce que les autres ignorent.

Ce que j’apprends à mes élèves quand je leur donne un cours sur la composition, c’est que, quel que soit le sujet, quelle que soit la scène, il existe une bonne photo, il existe une photo qui mérite d’être prise.

Alors, rappelez-vous qu’il n’y a pas de sujets banals, il n’y a que les photographes qui pensent le contraire qui sont banals !

Bon courage et bonnes photos… quel que soit le sujet !