18 mai 2009 Interview Didier Vereeck
 |  Catégorie : Photo, interview, nature, reflex  | Tags : , , , , ,

Il est des per­sonnes qu’on se féli­cite d’avoir ren­con­trées. Didier fait par­tie de cette caté­go­rie pour moi.

Ren­con­trer un auteur pho­to­graphe qui manie la plume avec une aisance décon­cer­tante fut un vrai bonheur.

Pho­to­graphe de talent, toujours prêt à don­ner des conseils et des astuces. Que ce soit pour la photo ou pour savoir com­ment se débrouiller en tant qu’auteur, pho­to­graphe. Et ceci, que l’on soit ama­teur ou professionnel.

Amou­reux de la photo abs­traite, il nous offre des images somp­tueuses. Amou­reux du beau, il montre que l’outil ne fait pas tout. Tra­vaillant ses images encore et toujours en argentique.

Mais pour mieux connaitre cet artiste, je vous pro­pose donc de lire son inter­view! Et ne manquez pas de visi­ter son blog (ICI)

Darth: en pre­mier lieu, merci d’avoir accepté cette interview.

Didier: j’avais vu que tu fai­sais des inter­views et je trou­vais ça inté­res­sant, alors c’est plu­tôt moi qui te remer­cie. Des ques­tions, ça fait sor­tir du ron­ron. Quand j’étais ani­ma­teur de stages, je trou­vais plus facile de répondre aux ques­tions, à tel point que je croyais même que je ne savais pas par­ler (ou écrire) sans questions.

Darth: La ques­tion clas­sique, com­ment es-tu venu à la photo?

Didier: Gamin, j’étais moins musique que les copains. Mon père, lui, n’en tenait que pour le cinéma. Sans doute que j’ai voulu me sin­gu­la­ri­ser ! À onze ans on m’a offert un ins­ta­ma­tic. On en rirait aujourd’hui ! Je me sou­viens d’avoir galopé par­tout à la Rhune, un télé­phé­rique vers Saint-Jean-Pied-de-Port, pour faire des pho­tos à ma façon, et ma mère qui me criait des­sus parce que j’étais impru­dent. Bref, j’ai fait pas mal de pho­tos dont je n’ai gardé aucune, et j’ai tel­le­ment tanné mon père qu’il m’a d’abord passé un appa­reil de son père, un fol­ding je crois, un espèce de truc à souf­flet et pliant. L’horreur, ce truc. Heu­reu­se­ment, il m’a passé assez vite son Foca et là j’ai vrai­ment décou­vert la photo. Je gar­dais mon ins­ta­ma­tic avec son flash magi­cubes pour la photo de famille, et j’arpentais ma ban­lieue avec le Foca.

Après, vers 16 ans, je me suis fait offrir un Canon Ftb, en grou­pant tous les cadeaux. J’ai eu un souf­flet et j’ai fait de la macro expé­ri­men­tale, sans tech­nique, c’était car­ré­ment n’importe quoi. Je me suis mis à regar­der le maté­riel plus que la photo, j’ai ensuite acheté sur un pre­mier petit bou­lot un Olym­pus OM-1, des optiques, un des pre­miers zooms qui était un 75–150 et car­ré­ment nase. Il fal­lait l’être pour être passé de Canon à Olym­pus, d’ailleurs ! Le faible poids m’avait séduit mais les copains res­tés en Canon me cham­braient, et lors des séances de projec­tion, je voyais mon erreur.

Au fond, plus ça allait et moins je m’intéressais à la photo en tant que prise de vues. J’ai quand même fait deux trois trucs sym­pas. Par exemple, un her­bier photo pour la fac de Gre­noble, hélas les déter­mi­na­tions hasar­deuses ont eu rai­son de mon enthou­siasme. J’étais étudiant, je connais­sais bien la flore mais les spé­cia­listes trou­vaient toujours à redire sur les iden­ti­fi­ca­tions. J’ai décou­vert le gouffre entre ce qu’on nous enseigne et la réa­lité de la clas­si­fi­ca­tion !

Un peu plus tard, je suis allé habi­ter en mon­tagne et là j’ai pho­to­gra­phié les oiseaux à tout-vat… mais avec un 500 à miroir, à main levée et à la bille­baude… Rien n’était vrai­ment net. Fina­le­ment, dégoûté, j’ai tout revendu et j’ai arrêté la photo pen­dant quinze ans.

Darth: Qu’est-ce qui t’as poussé vers la photo abstraite?

Didier: Il y a deux manières de répondre à cette ques­tion.

La pre­mière, j’ai toujours cher­ché des trucs bizarres. J’ai retrouvé des pho­tos faites à treize ans qui n’étaient pas iden­ti­fiables… Je ne sais pas ce que j’ai voulu pho­to­gra­phier mais j’y avais mis de la convic­tion. J’avais fait divers essais avec la pomme de la douche, pour des­si­ner des trucs, ou avec des lampes de cou­leurs… J’ai retrouvé des pho­tos faites plus tard où il n’y avait guère que du rouge. Ou encore des super­po­si­tions de dia­pos qui don­naient de curieux tableaux. J’aimais pho­to­gra­phier des pages de maga­zines vues en trans­pa­rence, ce qui per­met­tait d’en super­po­ser deux voire trois. Tout cela était kitsch, à part une photo que j’ai gar­dée : je viens de la retrou­ver, c’est sans doute pour ça que je te raconte tout ça, sinon j’aurais donné la réponse qui suit.

Donc l’autre façon de répondre, c’est de dire que l’abstrait m’est en quelque sorte tombé des­sus. J’avais repris la photo en 1995 avec une ambi­tion pro­fes­sion­nelle, mais en pay­sage. J’ai même exposé à Paris. Sauf que tout ça ne me satis­fai­sait guère. En 2000, j’ai repris le pay­sage mais en cher­chant autre chose. La preuve, je n’avais que deux objec­tifs : un 18 mm et un 200 micro­nik­kor.

J’avais fait ce choix car en pay­sage, je n’aime que le très près ou le très loin. Je vou­lais égale­ment faire des pho­tos de rivière et de la macro de fleurs, de bois et de roche. Logique­ment j’aurais dû prendre un 60 pour la macro et un 300 pour le pay­sage mais autre chose a dû gui­der mon choix intui­ti­ve­ment. Très vite, je me suis retrouvé à faire 99 % de mes pho­tos au 200 mm, et la Lor­raine et les Vosges m’excitant peu ques­tion pay­sage, j’ai arpenté les rivières. Je cher­chais plu­tôt des reflets au début mais dans les Vosges, j’ai décou­vert des fonds colo­rés qui m’ont ins­piré.

Curieu­se­ment, ce n’est pas le type de photo vers lequel j’étais allé spon­ta­né­ment, plus enclin aux effets au grand-angle ou aux bizar­re­ries, au gra­phisme et aux reflets, mais dès que j’ai com­mencé à faire de l’abstrait, tout est devenu clair pour moi. Un accord s’est fait entre la photo et mon être le plus pro­fond, et avec la nature. Tout s’est inté­gré d’un coup. Évidem­ment, pour­suivre dans l’abstrait était une évidence et j’en ai d’ailleurs un peu délaissé le pay­sage. C’était aussi lié à de bons sou­ve­nirs, ceux de mes dix-huit ans, quand j’arpentais Paris, ses gale­ries et sur­tout les musées, pas­sionné par les impres­sion­nistes, et plus encore par Dali, Matisse, Kan­dinski et Magritte. Plus récem­ment, j’avais décou­vert De Stael, qui est mon absolu.

Darth: Tu es un incon­di­tion­nel de l’argentique, mais est-ce qu’à plus ou moins long terme tu envi­sage de pas­ser au numérique?

Didier: En fait, je n’ai rien de spé­cial en faveur de l’argentique si ce n’est que pour moi c’est assez pra­tique et sur­tout que j’apprécie son rendu.

Ça va vous paraître étrange que je trouve l’argentique plus pra­tique mais en fait je fais peu de pho­tos, autour de 100 rou­leaux par an (3 à 4 000 pho­tos). Je n’aime pas par­ti­cu­liè­re­ment les regar­der tout de suite, aussi je les scanne en auto en fai­sant autre chose et je ne m’attaque au post-traitement que plu­sieurs mois plus tard, sou­vent l’année sui­vante. J’ai besoin de ce temps de diges­tion, et en plus ça m’évite de pol­luer mon regard : comme je ne sais pas ce que j’ai fait dans les prises de vues pré­cé­dentes, je reste vierge à chaque nou­velle sortie.

Plus pra­tique égale­ment car étant en néga­tif, l’exposition peut être approxi­ma­tive. Je pho­to­gra­phie d’instinct sans me pré­oc­cu­per de quoi que ce soit. En numé­rique, il me fau­drait véri­fier, ce qui me per­turbe sérieu­se­ment sur le ter­rain. Le peu de numé­rique que j’ai fait, j’ai gardé mes habi­tudes du néga­tif… et j’ai eu pas mal de mau­vaises surprises.

En fait, ques­tion tech­nique, je suis un gros fai­néant et la seule chose qui m’intéresse, c’est d’appuyer sur le bou­ton. J’ai appris au fur et à mesure ce dont j’avais besoin sur le plan tech­nique et le reste m’intéresse peu. Tou­te­fois, je suis en train de chan­ger. Le fait de me pen­cher sur ma manière de pho­to­gra­phier et d’écrire des articles sur mon blog m’a rendu plus curieux, et mes essais numé­riques m’ont obligé à déve­lop­per les aspects tech­niques. Comme j’y vois une source de pro­grès et de renou­vel­le­ment, je m’y mets fina­le­ment volon­tiers. Sim­ple­ment, la tech­nique est unique­ment au ser­vice de mon œil.

Der­nier point pra­tique, je trouve moins stres­sant d’avoir un sup­port (le néga­tif) et de ne pas être obligé d’être hyper au point au sujet des sau­ve­gardes informatiques.

Tous ces aspects pra­tiques s’apparentent à de la flemme : ils ne sont pas très impor­tants. Les capa­ci­tés des réflex modernes sont ten­tantes (mesure de la lumière, auto­fo­cus per­for­mant) et les pos­si­bi­li­tés ouvertes en post-traitement égale­ment. On en vient au point essen­tiel : le rendu. Je trouve les cou­leurs numé­riques trop trans­pa­rentes. Spon­ta­né­ment, si c’était une palette, j’aurais ten­dance à rajou­ter du noir pour den­si­fier tout ça et des­cendre les tons. Au contraire en numé­rique, quelqu’un m’a jus­te­ment fait remarquer qu’il y a du blanc, qui éclair­cit tout.


Au final, j’ai le projet de pas­ser au numé­rique pour le pay­sage, car dans ce domaine il n’y a pas photo en géné­ral. Pareil pour les matières qui sont par nature un peu ternes, et gagnent donc à être rehaus­sées en cou­leurs : le bois, la roche. Comme en plus la matière est gra­nu­leuse on ne res­sent pas le vide numé­rique dû à l’absence de grain.

Darth: Si un débu­tant vou­lait ce lan­cer dans la com­po­si­tion abs­traite, quels seraient les conseils et ouvrages que tu lui proposerais ?

Didier: Ouvrages, je ne sais pas, je ne me suis fondé sur rien. Il y aura peut-être de la lec­ture dans la presse car j’ai envoyé un article sur le sujet, on verra s’il inté­resse un maga­zine. Si c’est le cas, tu en auras la pri­meur ! Le prin­ci­pal conseil que je don­ne­rais c’est de ne pas pen­ser à faire une œuvre, juste à se faire plai­sir. On se met vite des enjeux inutiles. Et aussi, ne pas mon­trer ses pho­tos avant un bon moment, his­toire d’être sûr de soi. Les mon­trer risque d’amener deux excès inverses : soit être encou­ragé dans une voie sans issue par des proches com­plai­sants, soit être écœuré par des cri­tiques de per­sonnes incultes.

Ensuite, il faut tout gar­der. En abs­trait, ce sont par­fois des pho­tos appa­rem­ment ratées ou dont on se demnde pourquoi on les a faites qui sont inté­res­santes. Il s’agit donc d’examiner ses pho­tos et de se deman­der ce qu’on a voulu faire, ou ce qui nous plaît. Puis de reca­drer pour ne gar­der que le meilleur à l’intérieur de cette photo. Plus tard, on cadrera plus serré sur le ter­rain mais il est peu pro­bable que ce soit le cas au début. Toujours plus serré, mon fils !

Il est impor­tant égale­ment de s’amuser à faire des rota­tions : il n’y a pas vaiment de sens en abs­trait. Ver­ti­cal, hori­zon­tal, rota­tion de 90°, miroir : c’est ainsi qu’on s’éduque l’œil. Pour par­faire cette éduca­tion, rien de tel que d’aller dans les musées ou en librai­rie voir les modernes et les contem­po­rains (en gros de Cézanne à Kan­dinsky), tout en se deman­dant ce qu’on aime vrai­ment là-dedans, ce qui touche en nous quelque chose d’inexploré, et com­ment tra­duire cet inex­ploré en photo.

Sur le plan tech­nique, je conseille le pola­ri­sant à cause des nom­breux reflets. Et au point de vue pro­fon­deur de champ, je conseille de faire des choix tran­chés : soit 2,8 soit 32. His­toire d’explorer des mondes dif­fé­rents et de choi­sir ce qui convient le mieux, quitte à affi­ner par la suite. Bien sûr un tré­pied et indis­pen­sable, ne serait-ce que pour cadrer au mil­li­mètre, ce qui est essen­tiel en abs­trait : le moindre détail qui attire l’œil peut cas­ser une photo.

Quant aux sujets, ils sont par­tout. Sou­vent, pas loin de chez soi. Ou au bord des routes. Ques­tion de fee­ling et de goût. Évidem­ment, la macro s’impose, sur­tout pour com­men­cer, car au-delà du rap­port 1:2, le monde tend à deve­nir abs­trait. Pourquoi ? D’abord, par manque d’habitude de notre œil, bien sûr. Mais là n’est pas la rai­son essen­tielle : le point déter­mi­nant est la faible pro­fon­deur de champ. Si vous pho­to­gra­phiez un rocher, par exemple, cer­taines formes seront nettes et pas d’autres… du moins sur la photo. Quand vous regar­dez le rocher à l’œil nu, tout est net pour vous. Mais en vertu de la pro­fon­deur de champ, seul ce qui est sur un même plan sera net : la photo per­met donc de com­po­ser un tableau qui n’existe pas en réalité !

Darth: En par­lant d’ouvrage, tu es aussi un auteur, explique-nous com­ment tu en es arrivé là?

Didier: J’ai toujours voulu faire des livres et c’est d’ailleurs ce qui m’intéresse le plus dans la vie. À peine je savais lire que j’avais déjà écrit un « cahier de magie », qui était une his­toire et que j’appelais mon « roman ». En fac, chaque fois qu’un sujet me pas­sion­nait, je me lançais dans l’écriture d’un livre. Autant dire qu’aucun n’a abouti car ce n’étaient que des com­pi­la­tions d’étudiant mais ça m’a donné une forme d’expertise auto­di­dacte. Ensuite, quand j’ai eu mon entr­pe­rise de for­ma­tion aux méthodes de tra­vail, j’ai publié un pre­mier livre (« 12 outils d’efficacié per­son­nelle »). Ça m’a plu­tôt dégoûté de l’édition : mal publié, mal dif­fusé, mal fait.

En 2001, j’ai eu l’occasion de faire un pre­mier livre photo, Envoû­tante Lor­raine, qui par chance a obtenu le prix des Conseils géné­raux. Je ne sais pas si ça m’a remis le pied à l’értrier mais ça m’a cer­tai­ne­ment encou­ragé. Puis ma démarche abs­traite m’a amené à écrire pour l’expliciter. De plus, l’univers que je créais en photo cor­res­pon­dait à mon uni­vers d’écriture. Je me suis remis à écrire de la poé­sie, puis des romans. Deux ont été publiés.

Par la suite, j’ai écrit beau­coup et sou­vent, pour toutes sortes de choses. J’ai donc diver­si­fié ma palette : articles, vul­ga­ri­sa­tion, fables, contes, nou­velles. Si on ajoute à ça les écrits de com­mu­ni­ca­tion, j’ai tout ce qu’il faut pour faire des livres divers et si j’avais l’opportunité, j’en ferais volon­tiers un par an voire davantage.

Darth: Tu es aussi à l’origine d’un réseau d’auteur, peux-tu nous en dire un peu plus?

Didier: En tant qu’auteur et par nature, je suis soli­taire. J’aime la soli­tude et j’en ai besoin, mais je n’aime pas l’isolement. Or c’est ce qui se pro­duit. Le manque de contacts inté­res­sants sclé­rose, et le manque de rela­tions limite sérieu­se­ment les chances de trou­ver son public. Par­tant de ces constats et vu la crise de la photo qui se vend (et non de la photo en géné­ral), je vou­lais depuis un moment faire une action col­lec­tive, sans trop savoir laquelle.

Et puis à un moment ça a démarré, Cédric s’est impliqué et c’est ainsi que nous avons lancé le réseau d’auteurs. Ça a pris tout de suite, preuve que ça cor­res­pon­dait à un vrai besoin. Le réseau Foca­lis est un tissu de per­sonnes qui ont décidé de mettre leur expé­riences, leurs com­pé­teences et leur intel­li­gence au ser­vice d’un inté­rêt supérieur.

Bien entendu, il fau­dra du temps pour voir des réa­li­sa­tions concrètes mais déjà en interne, sur notre forum privé et confi­den­tiel, les échanges nous apportent beau­coup. Nous tenions à ce type de forum car cela per­met des pro­pos apai­sés, et aussi de par­ler de soi, de se livrer, ce qui reste le meilleur moyen de se connaître et de se décou­vrir des affi­ni­tés. Car l’un des buts est de mon­ter des projets, par­fois entre per­sonnes qui ne se seraient jamais ren­con­trées sans le réseau.

Construire le réseau me prend tout mon temps alors je suis moins pré­sent sur inter­net et j’ai même mis la photo et l’écrit en veilleuse. C’est dire si j’ai l’impression de faire quelque chose d’utile et d’important, et en tout cas de pas­sion­nant. Le réseau est ouvert à toute per­sonne qui est auteur, s’il répond à cer­tains cri­tères. Je veux dire par « toute per­sonne » que nos cri­tères d’admission ne sont pas cen­trés sur le fait d’être pro ou d’avoir des pho­tos au top, ou une plume alerte. Je trouve impor­tant que de jeunes auteurs puissent côtoyer des pros de longue date, des illus­tra­teurs se confron­ter à des artistes, des tech­ni­ciens écou­ter des auteurs atta­chés à la culture, bref que des auteurs de goûts et d’origines diverses se retrouvent sur des points com­muns inopi­nés. La richesse des échanges n’en est que plus grande : notre maître mot est la diver­sité. C’est d’ailleurs la garan­tie que cha­cun garde son âme : pas ques­tion d’entrer dans un moule !

Au-delà, c’est inté­res­sant de voir toutes les com­pé­tences qui dorment dans les pla­cards. Or pour déve­lop­per son auteu­rité, ren­con­trer son public et pourquoi pas en vivre, il faut déve­lop­per un nombre hal­lu­ci­nant de com­pé­tences. L’un des buts du réseau Foca­lis, c’est de déve­lop­per, struc­tu­rer et fédé­rer ces com­pé­tences pour nous ouvrir de nou­veaux marchés.

Darth: Tu tiens aussi un blog, je veux dire plu­sieurs blogs même, est-ce que tu peux nous en parler?

Didier: Au début, je pen­sais ne rien avoir à y mettre. Je me disais « Tu publie­ras une photo par semaine et tu trou­ve­ras bien deux-trois trucs à dire ». Comme vous pou­vez le consta­ter, ce n’est pas du tout ce qui s’est passé ! Bref, je ne suis pas le seul dans ce cas, et toi-même Darth tu en est l’exemple, le blog délie la plume.

Mon pre­mier blog a été un déclic pour l’écriture. J’ai pu mélan­ger dif­fé­rents types d’écriture et de pho­tos, donc recom­po­ser ma palette. En effet, j’aime pas mal de choses mais sou­vent on me conseille de me recen­trer, au moins dans ce que je pré­sente, pour être plus lisible ou visible. Sauf que ça ne me convient pas. Par exemple, en tant qu’écrivain, j’ai pris deux autres psseu­dos, eh bien ça ne me va pas : j’ai ten­dance à tout écrire sous mon nom, comme ça vient.

Jus­te­ment, la même chose se pro­duit sur les blogs. J’en ai fait un par mas­sif ou région car ça me sem­blait plus logique, sur­tout com­mer­cia­le­ment par­lant. La per­sonne qui s’intéresse à la Pro­vence a peu de chances de s’intéresser égale­ment à la Lor­raine. C’est pourquoi j’ai créé 6 blogs, et que j’en ferai d’autres sur de nou­veaux thèmes ou régions. Mais ça a un gros incon­vé­nient, c’est que ça éclate l’écriture et dis­perse mon atten­tion. Du coup, j’ai ten­dance à délaiss­ser les autres blogs et à ne m’intéresser qu’à mon blog principal.

Mais bon, c’est aussi les mou­ve­ments de la vie. Après tout, quand j’écris des fables, je le fais par séries et alors je n’écris pas de nou­velles. Et si j’écris un roman, j’en écris un ou deux autres à la suite, et alors je n’écris plus de poé­sie. Ah, que j’aimerais pou­voir tout faire !

C’est un peu pareil en photo : j’ai des phases ou je ne fais que de l’abstrait, d’autres où je ne fais que du pay­sage. En géné­ral, je fais du pay­sage en fin d’été et l’automne et de l’abstrait l’hiver et au prin­temps. Plus les fleurs en fin de prin­temps et l’été (flore de montagne).

Mais pour en reve­nir aux blogs, je trouve que c’est un outil for­mi­dable car vite fait, gra­tuit, et que ça amène à écrire, à redé­cou­vrir des pho­tos, à cher­cher de nou­veaux sujets, à exploi­ter tout ce qui nous inté­resse au lieu de le lais­ser dor­mir au fond du pla­card men­tal. Certes en avoir plu­sieurs est une gym­nas­tique, mais elle vaut le coup. Je compte dans un moment faire un site pour struc­tu­rer tout ça et ne gar­der sur les blogs que les articles en cours ou de réac­tion à l’actualité, et réécrire pour le site ce qui a un inté­rêt plus général.

Je sup­pose que tes lec­teurs vont se deman­der si mes blogs me rap­portent quelque chose. Finan­ciè­re­ment, non. Mais ils ont moins d’un an. Disons qu’ils ont contri­bué à m’asseoir dans le pay­sage, et com­pensé ma maigre capa­cité à établir des contacts. Récem­ment quelqu’un m’a fait plai­sir car il m’a dit : « Dés qu’on cherche quelque chose sur inter­net, sur cer­tains sujets, on bute sur toi ». C’était dit dans un sens posi­tif, et je crois que c’est là l’un des effets construc­tifs des blogs.

Darth: Si main­te­nant je pou­vais te sou­hai­ter quelque chose pour l’avenir, qu’est-ce que ce serait?

Didier: Déjà, que mon expo à Mon­tier en novembre (fes­ti­val inter­na­tio­nal de la photo ani­ma­lière et de nature) soit un suc­cès, et au pas­sage que je trouve le finan­ce­ment pour la faire. Ensuite, je sou­haite réa­li­ser d’autres livres, j’ai un livre sur l’abstrait qui n’attend qu’un finan­ce­ment. Et j’en ai deux autres en souf­france égale­ment, un sur l’eau et les ondines, avec un conte, et un autre sur la mon­tagne avec une nouvelle.

Darth: Un der­nier mot pour la route?

Didier: Je sou­haite sur­tout que le réseau Foca­lis se déve­loppe. Je pense que ce type de struc­ture repré­sente notre ave­nir à tous. Dans le contexte de crise, c’est un rayon de soleil et un espoir. Un chan­gem­net de société peut-être, qui s’amorce, vers plus d’échange et d’humanité. Nous sommes pas­sés par une étape indi­vi­dua­liste dans la construc­tion de nos socéiés, il est temps désor­mais de faire fruc­ti­fier ces acquis. Non en rede­ve­nant col­lec­tifs ou noyés dans la masse, mais en regrou­pant les « uni­tés de pro­duc­tions auto­nomes » (l’expression est de Cédric Lopez, un membre du réseau) que nous sommes les uns et les autres. Et c’est jus­te­ment ce que nous vou­lons faire dans le réseau Focalis !

Darth: Merci d’avoir pris le temps de répondre à ces questions.

Didier: Je te remer­cie égale­ment et je sou­haite longue vie à ton blog, si varié et inté­res­sant et sur­tout au ton charmant.

Je suis cer­tain que main­te­nant que vous connais­sez un peu plus Didier, vous êtes vous aussi sous le charme de ce grand photographe.

Il a une place toute par­ti­cu­lière sur mon sit, car il est l’étincelle qui m’a un jour donné envie d’ouvrir ce blog.

C’est donc avec beau­coup d’amitié et de recon­nais­sance pour tous ces bons conseils et ces bonnes paroles que je l’ai invité ici aujourd’hui.

Je suis sûr qu’il aura su vous tou­cher autant qu’il m’a touché.

Bonne photo et bon courage!

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10 réactions

  1. Salut Darth!

    Sympa cette inter­view! Je vais de ce pas faire un tour sur son blog!

    (PS: content de voir que le blog fonc­tionne à nou­veau! ;-) )

  2. Oui, j’ai eu un petit sou­cie avec.…qui risque mal­heu­reu­se­ment de revenir.

    Je vais devoir par­ler à mon héber­geur qui me posent quelques problème!

  3. Darth ! Reviens-nous vite !

  4. 4
    ipseudo 
    Lundi 6 juillet 2009

    Que deviens-tu??

  5. Ahhhhhhhhhhhhh !
    Ça remarche.

    L’occasion pour moi de vous féli­ci­ter, toi et Didier, pour cette inter­view si complète.

  6. Hé oui de retour.

    Avec très bien­tôt plein d’article et une expli­ca­tion de mes petits problème!

  7. trop cool enfin de la lecture^^

  8. 8
    steve54 
    Mardi 4 août 2009

    Nous t’attendons avec impatience !!!!!

  9. Je suis très bien­tôt là.

    Je remets la base de don­née à jours, je passe en 2.8.2 et c’est repartie

  10. 10
    Manu 
    Mardi 4 août 2009

    COOL! :=)

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