Le format RAW, mais qu’est-ce que c’est ?

La réponse en détails, compréhensibles par tous!

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Dossier retouche – Sommaire:

Je prépare pour la rentrée un gros article sur le post-traitement en photo, il parlera de toutes les facettes de ce passage obligé d’une image et vous en expliquera les grandes lignes, les différents secrets, tout ce qu’il y a à savoir sur ce vaste sujet qu’est le post-traitement.

Pourtant, avant d’écrire cet article, je me devais de revenir sur un point capital, un point qui, de mon expérience en tant que formateur, est trop souvent simplement survolé, qui de plus comporte beaucoup d’idées préconçues pas toujours justes.

Je vais vous parler du RAW…

Mais Qu’est-ce Que le RAW ?

Si on pose cette question à un débutant, il va presque avoir peur, c’est ce fichier très compliqué, trop compliqué qu’il ne comprend pas, qui en plus est moche et bien moins flatteur que le JPEG direct et, qui demande pour ne rien gâcher un programme spécial pour pouvoir le lire.

Pour les plus experts, c’est le Graal, ils ne jurent que par le RAW, car c’est le fichier brut, celui qui permet d’aller plus loin dans sa gestion de l’image.

Pourtant, si quelques-uns connaissent les spécificités du RAW, la grande majeure partie des photographes ne savent pas ce qui fait le cœur de ce fameux format et pourquoi il est aussi plébiscité.

Remarque importante :

Pour faciliter la lecture de cet article et qu’ainsi il soit compréhensible au plus grand nombre, je vais vulgariser et simplifier quelques points techniques un peu difficiles. De fait, pour les puristes certaines explications pourront sembler manquer de rigueur, mais elles seront surtout utilisées pour la bonne compréhension de l’ensemble et non pas pour définir avec précision un fonctionnement dans le détail.

Ceci étant dit, nous pouvons commencer à entrer dans les méandres de ce fameux format afin de bien le comprendre, et la genèse de tout commence en dehors de l’appareil photo.

La lumière :

Au commencement, il n’y avait rien, puis vint la lumière… J’ai toujours rêvé de dire ça!

La lumière c’est la base, c’est avec elle que nous travaillons quand nous faisons de la photo, c’est elle que l’on enregistre sur la surface sensible de nos appareils afin de retranscrire une image.

À l’heure du numérique, la surface sensible est le capteur, mais avant d’atteindre ledit capteur, la lumière va parcourir un chemin très précis.

Elle va en premier lieu être focalisée grâce à un objectif, que celui-ci soit fait de plusieurs lentilles très complexes ou qu’il s’agisse d’un simple trou, le but est le même, focaliser la lumière pour la diriger vers la surface sensible.

La lumière est composée d’un élément un peu spécial nommé « photon », c’est une particule physique que l’on pourrait décrire comme une sorte de toute toute… toute petite boule d’énergie. Dans notre domaine, pas besoin d’en savoir plus, en photo, cette description sera très largement suffisante. Pour les plus mordus de science, je vous invite à lire la page Wikipedia sur le sujet, très bien présentée.

Ces photons canalisés par l’objectif vont venir toucher la surface sensible. Avec l’argentique, tout est plus simple. Le photon va toucher le film et créer une réaction chimique qui va « impressionner » la pellicule. Quel que soit l’angle avec lequel le rayon lumineux touche le film, du moment qu’il atteint la surface sensible, la réaction chimique se créé.

Avec le numérique, c’est un peu plus délicat…

Le capteur numérique:

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Avec le capteur numérique, tout se complique un peu, les photons une fois focalisés par l’objectif sont dirigés vers le capteur. Sauf exception (comme les Nikon D800E et D7’100), sur la plupart des appareils photo ils doivent encore traverser deux filtres avant de toucher au but.

Le premier est le filtre anti-infrarouge, celui-ci est capital, car les CCD ou CMOS sont très sensibles à cette longueur d’onde, sans ce filtre, vos photos ressortiraient rouges. Certes, pour les fans de photos infrarouges c’est sympa, mais pour les autres, beaucoup moins.

Le deuxième filtre, qui lui n’existe pas sur tous les appareils, est le filtre passe-bas, voici son rôle :

Un filtre passe-bas, autrement appelé filtre anti-aliasing (A-A), est une astuce des constructeurs pour éviter un phénomène d’apparence proche de celui de l’aberration chromatique (bande de couleurs) qui se produit sur des motifs répétitifs. Pour remédier à ce problème qui n’est pas très esthétique sur une photo, on place ce filtre qui va « élargir » le rayon lumineux avant qu’il n’atteigne le capteur, ce qui empêchera ce fameux phénomène de se produire.

Une fois ces deux filtres traversés, nos amis les photons ne sont pas au bout de leurs peines, ils vont encore une fois devoir être « canalisés » afin d’être le plus efficace possible.

En effet, si sur un film argentique l’angle d’arrivée de la lumière n’a pas d’importance, car elle provoquera dans tous les cas la réaction chimique en touchant sa cible, de par la nature même de l’architecture d’un capteur numérique ce phénomène n’est pas possible et l’angle d’attaque de la lumière a une grande influence.

Le capteur numérique est composé de photosites, il faut se les représenter comme des sortes de puits qui vont venir recueillir la lumière et qui ont dans leur fond des photodiodes, éléments qui vont transformer les photons en signal électrique. Comme il est impossible de joindre parfaitement chacun des photosites, il reste toujours un espace entre chaque « puits », et comme la lumière doit en atteindre le fond pour venir stimuler les photodiodes, il faut trouver une astuce pour orienter les rayons lumineux afin qu’ils arrivent au bon endroit et ceci quel que soit leur angle.

photosites-simple

Comme on peut le voir sur l’illustration ci-dessus, l’astuce est de placer des micro-lentilles au-dessus de chacun des puits afin d’orienter la lumière pour qu’elle en touche le fond et vienne stimuler la photodiode. Il faut savoir que malgré tout il reste des zones dites « mortes » ou la lumière n’arrive sur rien et est simplement perdue. On considère qu’en moyenne sur la plupart des appareils photo, seul un photon sur deux va finir par toucher la photodiode.

Certaines marques, comme Canon, arrivent pourtant à réduire cette perte grâce à des micro-lentilles à bord touchant et peuvent ainsi grandement limiter la perte des photons:

micro-lentille-canon

Un puits vide va donner du noir, un puits complètement rempli va donner du blanc. Toutes les valeurs de remplissage entre les deux vont donner des nuances de gris, car oui, à la base le capteur voit en noir et blanc.

ccdPour que celui-ci voie en couleur, il va falloir l’aider, et pour ce faire, les ingénieurs vont placer une matrice de Bayer (illustration à gauche) sous le réseau de micro lentilles juste avant l’entrée des photons dans le puits. Cette astuce a été inventée par un ingénieur de Kodak,  l’invention porte donc son nom. Le fonctionnement est en réalité assez simple. Constitué de cellules colorées des couleurs primaires, chaque photosite du capteur ne voit qu’une seule couleur : rouge, vert ou bleu, le filtre bloquant littéralement les longueurs d’onde des autres couleurs. Sur chaque groupe de quatre photosites, on en trouve la répartition colorimétrique suivante – un pour le bleu, un pour le rouge et deux pour le vert -, cette répartition correspond à la sensibilité de notre vision. C’est le logiciel de l’appareil photo qui va recréer les couleurs, en tenant compte des courbes de réponse spectrale pour un résultat final en trichromie, traduction: un programme interne va grâce à un algorithme spécifique recomposer la couleur de l’image grâce aux informations tirées de ce filtrage spécifique.

Si l’on reprend la première illustration et qu’on y ajoute le filtre de Bayer pour chaque photosite et que l’on place également les différents rayons lumineux, nous pouvons constater toute l’ingéniosité d’un tel système:

photosites-bayer-2

Chaque photosite reçoit une information lumineuse, une quantité de photons précis d’une couleur précise, à ce moment-là, tout est encore analogique, c’est le passage des informations du photosite aux photodiodes – qui va transformer l’information lumineuse en impulsion électrique -, qui va faire basculer le tout dans le monde du numérique, car maintenant que l’information de lumière a été convertie, un enregistreur analogique/numérique va pouvoir traduire toutes ces informations dans le langage binaire.

C’est à ce moment-là qu’on va entrer dans la phase purement numérique, c’est l’étape de …

L’enregistrement de l’information:

Comme nous l’avons vu, pour enregistrer de manière numérique les informations lumineuses d’une photo, il y a tout un procédé afin de transformer l’énergie des photons en impulsions électriques.

Comme ces fameuses informations sont électriques et comme tout ce qui gère cette partie est fait d’électronique et génère forcément des impulsions électriques, les ingénieurs se retrouvent face à un léger problème, il ne faut pas que l’enregistreur analogique/numérique confonde les impulsions électriques créées par l’électronique interne (les parasites) avec les impulsions électriques qui viennent des informations de lumière.

Pour remédier à ce problème, les constructeurs utilisent dès cette étape des algorithmes qui vont traiter les informations pour « retirer » le bruit parasite dû aux informations erronées de l’électronique interne. C’est ce premier traitement qui a d’ailleurs tendance à énerver quelque peu les fans d’astronomie qui voient les étoiles de plus faible intensité tout simplement éliminées, car considérées à tort comme du bruit numérique. Selon les marques, ce traitement est plus ou moins poussé.

Cette première étape de nettoyage passée, toute cette suite de « o et de 1 » va finalement être enregistrée par l’appareil selon nos réglages que l’on va résumer par deux possibilités:

  • JPEG
  • RAW

De façon étonnante, qu’on enregistre en RAW ou en JPEG, il y a le même nombre d’étapes pour la conversion.

Avant que le fichier soit définitivement sur votre carte mémoire, l’ordinateur interne de votre appareil va travailler pour convertir les fichiers.

Dans le cas du JPEG, il va compiler les informations pour que l’image soit en Bitmap, soit un genre de carte précise des points lumineux répartie sur une sorte de grille qui les localise avec leurs informations de couleur et d’intensité. C’est ainsi que l’on peut afficher une image lisible, car dans un standard très simple, qui dit ce point-là est bleu il est situé à tel endroit et il a telle intensité.

Pour le RAW, c’est un peu différent, contrairement à ce que la plupart des personnes pensent, le RAW n’a rien de brut sauf son nom. En réalité, le RAW est bel et bien une compression non destructive, mais cela n’en reste pas moins une compression, de fait un fichier non brut.

Contrairement au JPEG et à tous les fichiers Bitmap, le RAW n’est pas une image en soi. C’est en réalité comme un négatif, pour en obtenir une image, il faut le développer. Le RAW contient toutes les informations, qui ont été enregistrées par le capteur et de toute la quantité de ses informations, on peut prendre une partie pour créer une image « affichable », selon les critères que l’on aura choisis pour le développement, car dans tous les cas, un RAW se développe.

C’est d’ailleurs ce que va faire votre boîtier quand il va créer le fameux JPEG, il va prendre les informations brutes du capteur, puis les interpréter à sa façon, donc les développer pour vous permettre d’afficher l’image. Alors qu’en réalité, au vu de l’énorme quantité de données qui se trouvent au cœur d’un RAW, celui-ci offre potentiellement une infinité d’interprétations de la même photo.

Pour preuve, si vous prenez un fichier RAW et que vous l’ouvrez avec plusieurs programmes différents, le rendu d’une même image ne sera jamais exactement le même entre chaque logiciel.

Pour mieux comprendre, il faut savoir qu’un JPEG est encodé sous 8 bits d’informations par couche – soit 8 bits pour le rouge, 8 bits pour le bleu et 8 bits pour le vert -, alors qu’un RAW est encodé en règle générale sous 12 ou 14 bits d’informations par couche selon le modèle de l’appareil photo. Certains appareils comme les moyens formats encodent sur 16 bits, mais autant dire que c’est inutile, car le supplément d’information tonale est tout simplement noyé dans le bruit.

Pour mieux comprendre, je pense qu’il est bon d’expliquer ou de rappeler, ce que veut dire enregistrer une image en 8, 12, 14 ou 16 bits.

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Pour les experts cette piqûre de rappel aura du bon, pour les autres, ce sera sûrement une sympathique découverte.

On sait que la lumière est transformée en signal numérique une fois qu’elle a atteint la surface sensible de votre appareil.

Imaginons maintenant que notre appareil ne soit capable de produire que du noir et blanc de la façon la plus basique qui soit. Un appareil qui ne donnera comme informations que des points noirs et des points blancs, donc un encodage sur 1 bit.

Avec 1 bit l’info sera traduite ainsi. Comme la valeur est soit 0, soit 1, dans notre cas de figure, 0=noir 1= blanc.

Pour fabriquer une image, il nous faut pourtant un peu plus de nuances. Essayons avec un encodage sur 2 bits.

Avec 2 bits, on associe les valeurs par deux. Ce qui fait que l’on a 00, 01, 10, 11. Les quatre associations possibles donneront : avec 00 on aura le noir, avec 11 le blanc et entre, deux valeurs de gris différentes.

On n’arrive toujours pas à former une image, passons alors à un encodage sur 3 bits.

Avec 3 bits, on associe les valeurs par trois. Ce qui va donner 000, 001, 010, 011, 100, 101, 110, 111. Entre le noir et le blanc, on obtiendra 6 niveaux de gris différents. On peut commencer à très légèrement distinguer une image.

Je ne vais pas vous refaire la démonstration pour chaque palier, je pense que vous avez compris le principe, je continue donc :

  • 4 bits=16 valeurs.
  • 5 bits=32 valeurs.
  • 6 bits=64 valeurs.
  • 7 bits=128 valeurs.
  • 8 bits=256 valeurs.
  • 9 bits=512 valeurs.
  • 10 bits=1024 valeurs.
  • 11 bits=2048 valeurs.
  • 12 bits=4096 valeurs.
  • 13 bits=8192 valeurs.
  • 14 bits=16384 valeurs.
  • 15 bits=32768 valeurs.
  • 16 bits=65536 valeurs.

Maintenant que l’on a bien compris, il faut imaginer que ce nombre de nuances est là par couche de couleurs. Soit pour un encodage 8 bits:

  • 256 nuances de rouge
  • 256 nuances de bleu
  • 256 nuances de vert.

Ce qui donne en tout 16,7 millions de couleurs différentes, c’est un petit peu moins que ce que notre vision peut distinguer, c’est plus que ce que notre écran peut afficher et c’est encore plus que ce qu’une feuille imprimée peut restituer comme couleurs.

Avec un encodage sur 14 bits, on se retrouve avec le sympathique chiffre de 4 400 milliards d’informations, ce chiffre à proprement parler astronomique démontre plutôt clairement l’étendue des données que cache un fichier RAW, fichier qui ne demande qu’à être développé (interprété), mais avant de parler de cette étape, je dois faire un petit arrêt par la case…

ISO en numérique :

Pour les plus anciens lecteurs, ils savent que j’ai déjà écrit un article sur le sujet: Les ISO en numérique, pour une lecture facilitée et pour éviter de jongler entre les articles, j’ai repris l’essentiel du billet dans l’encadré ci-dessous, que j’ai amélioré en lui apportant de nouvelles informations en lien direct avec ce billet:


En photo quand on parle d’ISO, on parle de la sensibilité à la lumière de la surface sensible. C’est la mesure officielle définie par la norme ISO 5800:1987.

Cette norme dit que plus le chiffre devant le terme ISO est petit, plus il faut de lumière pour obtenir une exposition correcte. Et au contraire, plus le chiffre est grand, moins on aura besoin de lumière.

Sous la forme argentique, c’est la chimie des films,  la façon de les fabriquer, le traitement, qui donne la sensibilité et par là même le nombre d’ISO qui va avec.

Mais en numérique, comment change cette sensibilité ? Quelle est l’incidence sur les images que l’on prend ?

En réalité, il faut savoir qu’en numérique la surface sensible – le capteur -, à une sensibilité ISO native, qui reste TOUJOURS la même.

On connaît cette sensibilité, car c’est la plus petite valeur de base (en dehors des réglages poussés).

On peut alors légitimement se poser la question suivante : Si le capteur à une sensibilité de base qui reste toujours la même, comment ce fait-il que je peux l’augmenter ?

C’est là que toute la partie intéressante arrive. Car en réalité, quand sur votre boitier vous changez la sensibilité et que vous passez par exemple de 100 ISO à 200 ISO, vous n’avez pas changé la sensibilité de base du capteur de votre appareil ! En réalité, vous venez de demander à votre appareil photo d’amplifier le signal qu’il a reçu, les fameux photons qui ont touché le capteur et qui ont été transformés en impulsion électrique.

Plus on va faire monter les ISO, plus le signal va être amplifié et de fait plus le bruit numérique va apparaître.

Il faut savoir que ce bruit vient des parasites (chaleur, photon incident… etc.), maintenant que l’on sait ça, on comprend que lorsqu’on change la sensibilité sur notre appareil et que l’on force celui-ci à amplifier le signal, il amplifie du même coup tous les parasites, donc le bruit numérique qui va avec.

Pour faire une analogie plus parlante, on va comparer la lumière au son. Si j’enregistre ma voix tout près d’un micro de bonne qualité, même s’il y a un peu de bruit dans la pièce, on m’entendra distinctement. De même, si on prend une photo avec beaucoup de lumière, les différents parasites seront noyés dans la masse des bonnes informations.

À contrario, si je m’éloigne beaucoup du micro, ma voix va se mélanger au bruit ambiant, et si je monte le volume pour mieux entendre ce que j’ai enregistré, je vais en même temps augmenter les bruits parasites. C’est la même chose en photo, si je fais une image avec peu de lumière, et que j’augmente la sensibilité pour récupérer de l’information, je vais en même temps amplifier le bruit numérique.

Pour remédier à ce problème, les constructeurs d’appareil photo vont faire intervenir des algorithmes très puissants pour lisser ces imperfections tout en essayant de préserver les détails.

S’il est aisé de lisser les imperfections à des sensibilités basses, il devient de plus en plus difficile de faire disparaitre le bruit en gardant les détails dans les hautes sensibilités.

Le résultat donnera selon ce que le constructeur a privilégié (à savoir les détails ou le bruit) soit un fichier bruité, mais avec des détails, soit un fichier plus propre, mais trop lisse (ce qui donne cette impression de flou, ce manque de piqué).

Maintenant que nous avons toutes les informations sur ce que contient un RAW, regardons d’un peu plus près ce que celui-ci a à offrir…

Le fichier RAW :

Comme nous l’avons vu un peu avant, le fichier RAW n’est en fait pas une image comme on le pense et on l’imagine généralement. C’est une sorte de paquet contenant toutes les informations nécessaires pour créer une image sans que celle-ci soit encore définie.

On pourrait se représenter ça comme une boîte qui contiendrait un dessin à colorier (comme ceux pour les enfants) avec une grande quantité de crayons, de feutres, de pastels, de peintures… etc. de toutes les couleurs et de toutes les sortes afin de nous laisser libre de choisir le rendu final du coloriage.

L’image est grandement schématisée, mais elle correspond bien à la réalité des choses.

Le RAW contient, en vrac, l’emplacement de chaque pixel, sa quantité de lumière et sa couleur potentielle.

Le mot potentiel à toute son importance, car avec le RAW la balance des blancs n’est pas fixée, on peut la modifier sans aucun problème en post-traitement, comme je l’avais expliqué dans l’article suivant: La balance des blancs.

Avec ses milliards d’informations, le RAW offre également beaucoup de latitude aux réglages, car il va puiser dans sa grande base d’informations pour permettre d’offrir des modifications qui ne vont que peu altérer le fichier.

Alors qu’un même réglage avec un fichier JPEG risque d’être bien plus destructif, car encodé sur 8 bits, chaque changement se paye comptant sur la qualité du fichier.

Pour bien comprendre, voici une photo prise volontairement de façon violemment sous-exposée à 1’000 ISO, pour une ouverture à f/4 et une vitesse de 1/4 000 s, à côté la version JPEG et la version RAW avec exactement les mêmes réglages que l’on peut voir juste au-dessus des images :

raw-1

À première vue, rien ne différencie le JPEG du RAW, les deux fichiers présentés ainsi semblent les mêmes. Pourtant, si on regarde mieux, en affichant un crop 100 % d’un détail de l’image, on va tout de suite constater les différences.

En premier lieu, le crop 100 % de la version brute de capteur, tous les réglages à 0 :

original-crop

On se rend compte que l’image est très clairement sous-exposée et que la lecture des deux personnages est terriblement difficile.

Maintenant, regardons la même portion d’image avec les réglages, qui ont permis de retrouver des informations et une lecture de la photo plus aisée, avec une version JPEG :

jpeg-crop

On peut voir qu’après ce rattrapage, l’image est très fortement bruitée, des à plats magenta et cyan sont visibles à plusieurs endroits et pour finir, il y a une perte de détails significative dans la plupart des tonalités.

Maintenant, analysons la version RAW avec exactement les mêmes réglages :

raw-crop

Ici, on constate que le bruit est bien plus contenu, les à plats cyan et magenta existent, mais sont bien plus discrets et l’on retrouve bien plus de détails qui sont largement plus lisibles.

Il faut savoir que ce fichier pourrait être encore travaillé pour en améliorer le résultat, ici, ce ne sont que les réglages de base de Lightroom, et un travail plus fin aurait facilement fait disparaitre certaines imperfections.

Si j’ai choisi d’illustrer mon propos avec une image sous-exposée, c’est simplement que c’est le type de fichier le plus difficile à sauver.

Si vous vous souvenez de ce que j’ai dit un peu plus haut avec mon analogie de la musique, plus il y a de lumière et moins le bruit est visible. J’aurais pu prendre un fichier où les hautes lumières étaient cramées et vous montrer la capacité de récupération du RAW face au JPEG, mais le cas de figure de la sous-ex est bien plus parlant.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’un RAW peut encaisser un décalage d’exposition d’un peu plus de 1,5 IL dans les hautes et basses lumières. Autant dire que l’on peut récupérer presque 4 IL d’info sur une photo, ce qui est énorme.

Ce qui est valable avec l’exposition l’est tout autant avec le bruit numérique. La grande quantité d’info que contient le fichier RAW va permettre aux algorithmes très puissants des programmes qui tournent sur nos ordinateurs de le réduire au maximum et de présenter des fichiers très impressionnants de qualité même dans les valeurs les plus élevées.

Là où le JPEG donnera une image difficilement modifiable, le RAW va permettre de pousser bien plus les curseurs, en réalité, ce n’est pas qu’il va permettre, c’est qu’on va être obligé de le faire, car comme je l’ai expliqué un peu plus haut, le RAW à ce stade n’est pas une image, il faut donc le développer pour qu’il devienne une photo réellement affichable.

Mais nous verrons bien en détail la partie développement du RAW dans l’article à paraître en septembre sur le post-traitement. Celui-ci sera particulièrement complet et répondra à la plupart de vos questions.

Du choix du programme, en passant par comment gérer son développement, comment analyser et tirer le meilleur d’une image… etc.

En attendant, la bonne question à se poser est…

Pourquoi le RAW :

Utiliser le RAW, c’est ce moment tant redouté par beaucoup de débutants qui se lancent en photo et même par certains amateurs experts qui trouvent la tâche difficile et inutile.

Il faut dire qu’à première vue, ils n’ont pas tout tort. Le RAW est plus gros que le fichier JPEG et prend donc plus de place sur le disque dur, il demande obligatoirement d’être développé et on peut avoir quelques doutes sur sa pérennité vu que chaque fichier RAW ne se contente pas d’avoir un format par marque d’appareil, il a un format part type d’appareil.

Pourtant, à l’heure actuelle, et avec l’évolution des différents points, les craintes et doutes devraient facilement passer.

Si je reprends les points négatifs un par un, voilà ce que je peux en dire:

  • Le poids des RAW : il y a quelques années, le prix de la mémoire était bien plus cher, travailler en RAW demandait un certain investissement en carte mémoire, mais de nos jours, les prix baissent continuellement et on peut très bien s’équiper pour un prix relativement bon marché.
  • Le développement obligatoire : je vais revenir un peu plus en détail plus loin et je vous démontrerai que la perte de temps n’est pas significative pour peu que l’on prépare bien les choses.
  • La pérennité des fichiers: il est vrai que chaque type d’appareil photo à son propre codage RAW, si bien qu’un RAW tiré d’un Canon EOS 700D sera différent d’un RAW tiré d’un Canon EOS 650D, alors que de base le capteur est le même. Pourtant, les programmes tels que Lightroom, DxO ou encore CaptureOne sont capables de lire les RAW des appareils les plus anciens et les plus rares sans le moindre souci. Pour eux, c’est quelques lignes de code qu’ils n’ont pas avantage à supprimer.

Ceci étant dit, si on se penche sur les avantages du RAW, on verra qu’ils sont bien plus nombreux que les pseudo points faibles de ce fichier, pêle-mêle, et sans que la liste soit exhaustive :

  • Enregistrement encodé sur 12, 14 ou 16 bits avec tous les avantages que cela suppose
  • Contrôle de la balance des blancs en post-production
  • Choix de l’espace de couleur sans restriction
  • Dynamique de l’image plus étendue
  • Correction largement moins destructive
  • … etc.

Pour obtenir tout ça, il faut obligatoirement passer par un programme qui va permettre de développer le RAW. Il en existe beaucoup sur le marché, de ceux fournis avec votre appareil, en passant par ceux qui sont gratuits, jusqu’aux payants, il y a un choix énorme, qui selon vos affinités saura vous combler.

Ici, je ne vais pas vous parler des différentes offres que l’on peut trouver, je vous en toucherai mot dans l’article qui sera consacré au post-traitement et qui sera publié à la rentrée.

De façon personnelle, j’utilise Ligthtroom, qui pour moi a plusieurs avantages, et l’un d’eux c’est qu’il reste un bon programme de gestion de sa photothèque en plus d’être excellent pour le développement.

Si je vous parle du programme que j’utilise, c’est pour les personnes qui ont peur de perdre du temps avec le développement des RAW. En effet, avec un soft comme Lightroom, on peut programmer à l’avance un type de rendu que l’on voudra appliquer à toutes ses images au moment de l’importation, un peu comme les rendus pré-enregistrés que l’on trouve sur nos boîtiers quand on veut des fichiers JPEG, avec l’avantage que dans le cas présent le réglage sera bien plus fin.

Du coup, on peut importer ses photos et au besoin en un clic les transférer en JPEG avec un rendu flatteur qui nous fera plaisir.

Pourtant, faire une telle action reste confier son image aux automatismes d’un programme, car même si vous avez choisi avec soin le rendu global de vos RAW, chaque image étant unique, elle devrait être développée selon ses spécificités.

Il faut bien garder en tête que les informations enregistrées par l’appareil ne sont pas interprétées tant qu’un écran ne les affiche pas.

Ne rien toucher au fichier, le laisser « brut » c’est en réalité demander à un programme, à des algorithmes, de choisir pour nous l’aspect final que devra avoir notre image.

Si je devais faire une analogie, ce serait presque aussi ridicule qu’un cuisinier qui préparerait les ingrédients de sa recette, les mélangerait avec soin suivant un ordre bien précis, mais qui au final en confierait la cuisson à quelqu’un d’autres sans même le guider.

Normalement, une photo se pense, s’imagine et se crée dans la tête, cadrage, lumière, compo. Puis, on règle notre appareil, afin d’être au plus proche de ce qu’on a imaginé, c’est donc finalement logique que la dernière touche, le point final d’une image soit aussi de notre fait, et de ne pas laisser la main aux automatismes d’un ordinateur, car dans ce cas, autant photographier en mode vert en laissant l’appareil tout choisir pour nous.

Si on prend la décision de contrôler sa prise de vue, on doit le faire du début à la fin, de l’idée de l’image jusqu’à sa publication.

Une photo est votre œuvre, vous devez en garder le contrôle jusqu’à la publication !

Conclusion :

Comme je l’ai expliqué en introduction, ce gros article est en fait une introduction à un billet qui sera publié en septembre et qui va parler post-traitement. Celui-ci sera très complet sur le sujet.

En plus de beaucoup d’explications écrites, il sera ponctué de plusieurs vidéos, vous trouverez tous les aspects de cette étape très importante de la photo.

Vous partirez sur de bonnes bases, car maintenant le RAW ne devrait plus avoir de secret pour vous et j’espère même avoir donné envie à ceux qui n’y sont pas encore passés de tenter l’aventure.

Si certains points vous semblent encore un peu obscurs ou si vous voulez des précisions, n’hésitez pas à les demander dans les commentaires, je me ferai un grand plaisir d’y répondre.

Bon courage et bonnes photos !

À propos de l'auteur:

Il est beau, fort et musclé... Enfin, s'il n'est pas tout ça, il est passionné de photo, passion qu'il essaye de vous transmettre du mieux qu'il peut!

135 Comments
    • Mais les pseudo experts, parfois ils me font sourire avec leur réponse toute faite, qui au finale ne sont que des répétition d’autres personne qu’ils colporte sans même prendre de recule!

    • Pas mal ne savent pas que c’est un produit « Adobe », ceux qui le savent prétende qu’il est ouvert, toute la documentation du format est libre.

      Mais comme il n’est nullement reconnu comme un format de base au même titre que le JPEG ou le TIFF, pas moyen pour lui d’être la sortie de secours!

      • Le DNG a l’avantage d’être « ouvert » (documentation complète disponible). Donc même si LR ou autre ne le supportait plus (qui sait ?), il serait toujours possible de réécrire un logiciel pour les lire.
        Cette inquiétude vient majoritairement du fait qu’il a existé certains logiciels avec formats propriétaires qui ne fonctionnent plus avec les machines actuelles. J’en ai fait l’expérience avec mon GPS ViaMichelin …. logiciel uniquement pour du 32 bits sous Windows XP ou un truc du genre. Bilan, j’ai acheté un nouveau GPS …
        Par contre, niveau photo, les fichiers sont toujours des fichiers, et effectivement, il n’y a aucune raison pour que LR (et ses p’tits copains / concurrents) ne les lisent plus ! Ce ne sont que quelques lignes de code.
        Mais c’est pas plus logique que le fait que le 28-70/2.8 sigma ne soit plus reconnu par le 7D si tu n’es pas à pleine ouverture ! Ils ont dû virer un bout de code histoire de gagner un peu de place sur la puce et hop, ce « vieil » objo n’est plus utilisable …
        Après, nous savons tous que dans les RAW propriétaires, les constructeurs ajoutent un paquet d’infos sur le traitement, c’est pour ça qu’avec le logiciel de la marque, on retrouve le rendu du jpeg boitier, ce qui est quasi-impossible avec LR (on peut toutefois, si on le souhaite, s’en approcher).

      • Je pense que LR de ce côté a un avantage avec les boîtiers Canon, car ils ont un parternariat très serré sur ce secteur. À telle point que les bruits de couloir laisserait entendre que Canon abandonnerait dans le futur son programme au profit de LR uniquement.

      • f1oren

        Bonjour,

        Ben entre un format proprio non documenté et un format ouvert et documenté (c’est un fait) il n’y a pas photo (c’est le cas de le dire) http://helpx.adobe.com/fr/photoshop/digital-negative.html
        N’importe quel développeur peut facilement intégrer la prise en charge du format DNG dans son appli, pour les fichiers raw propriétaires bon courage. Pour ne citer qu’une excellente appli qui accepte le DNG depuis pas mal de temps -> DXO

        Non pour moi le non intérêt de la conversion en DNG tiens d’une part au fait qu’il est toujours possible qu’il existe un bug dans le convertisseur raw proprio vers DNG (une très mauvaise expérience avec une ancienne version de Nikon Capture m’a définitivement convaincu de toujours garder intact les fichiers raw du boîtier), d’autre part qu’il sera toujours possible de convertir plus tard s’il y avait un réel besoin un jour.

        Il faudrait surtout que les appareils enregistrent tous nativement en DNG mais ça c’est une autre histoire.

  1. Apap

    Ah un petit refresh sur le RAW, en plus clair et compréhensible ça fait plaisir :D

    Par contre je veux bien la démo jusqu’au bout de l’explication des 14bits :zooh:

  2. Un ajout ;) si ta gestion de la lumière est bonne, le raw te donne une infinité de traitements.
    Le raw n’est pas une béquille de secours, il ne dispense pas de soigner la prise de vue.

  3. Très intéressant par contre j’avoue que ton article donne surtout l’eau à la bouche pour le post-traitement même si je préfère Aperture à LR :p
    Grace au RAW j’ai réussi à récupérer des photos que je pensais bonnes pour la corbeille. Même si les appareils les traitent de base maintenant assez bien il faut avouer que le RAW peut sauver quelques photos. Il peut même s’avérer utile de sous-exposer une photo afin d’éviter de trop monter dans les ISO et retravailler le RAW ensuite.
    Merci pour ce « petit » article et vivement la suite ;)

    • C’était un peu le but que de donner envie ^^

      Parfois je sous-expose un peu pour sauver quelques haute lumière qui serait irrémédiablement cramée sans ça.

      Mais comme le dit Oud_s au-dessus, le RAW doit être le plus parfait possible pour nus laisser la place de l’interpréter, et non pas un filet de sauvetage pour rattrapage de photo mal négociée … bien que ça arrive à tout le monde ^^

      • On est bien d’accord, mais je vois pas plus tard qu’hier soir, une soirée sous les arbres avec des danseurs en soirée, si je voulais les avoir pas trop flous sans dépasser les 1600 ISO (avec mon petit Canon 600D c’est un peu la limite) j’ai dû sous-exposé pas mal (sans allé dans l’excès de l’exemple de l’article)
        D’ailleurs ça me fait penser, en cas de photo très contrastée ombre/lumière, vaut-il mieux sur-exposé la partie claire pour la récupérer après ou sous-exposé la partie ombre ? (je dirais la 1ère solution mais sans certitude)

        • Très bonne question, et comme le souligne bien apap juste en dessous, le problème c’est qu’un blanc vraiment cramé n’est pas récupérable, tout comme un noir vraiment bouché.

          Le RAW pourra aider à gagner un poil de dynamique, mais ne fera pas de miracle.

          Le mieux est donc de regarder au cas par cas pour voir quel réglage sera le plus pertinent selon la photo et ce que l’on a besoin de mettre en avant.

        • Apap

          Le problème (après peut-être que les pros vont me contredire :D ) de la surexposition, c’est que si c’est vraiment cramé c’est absolument irrécupérable

          • Comme le dis Oud’s, le mieux serait d’éviter de cramer, mais après, comme je le dis plus haut, s’il y a 20 IL de différence entre les haute et basse lumière,il n’y aura pas de miracle, à moins de faire un HDR, il faudra faire le choix de ce qu’on sacrifie.

          • C’est à toi de ne pas « cramer » à la prise de vue, sauf choix esthétique. Donc de ne pas surexpoer, donc de bien utiliser sa cellule … ;)

          • Tu fait la mesure au hasard, ensuite tu dis que c’était voulu, que c’est un rendu artistique que les autres ne peuvent pas comprendre :lol:

          • Le mieux est de surex un peu et sans cramer. Pourquoi ?
            – la dynamique des capteur est meilleure en hautes lumières
            – quand on remonte l’expo, on remonte aussi le bruit alors que quand on diminue l’expo on diminue le bruit (même si on garde le même SNR pour les puristes ;) )

          • Martin Houde

            Ta réponse est bonne, il faut éviter de cramer les hautes lumières car elles ne seront plus récupérable. (je suis enseignant en photographie au Québec). Il peut parfois arrivé que cet option ne soit pas la bonne. C’est pourquoi il est important de déterminer, les quelles des hautes ou des basses lumières sont les plus importantes dans la scène. À partir de là, on peut choisir entre la surexposition ou la sous-exposition afin de privilégier les zones de l’image où le fait d’avoir conservé le détail aura l’impact souhaité.

            Félicitations Darth pour cet article très complet et bien structuré.
            J’aimerais en passant te dire que tu es l’auteur d’un des très rares blog que je suggère à mes élèves. Pas seulement pour le contenu de ton blog mais aussi pour la qualité des réponses de tes lecteurs.

            Merci!
            Martin

    • Il est encore plus simple de monter les isos et de sous-exposer à une bonne vitesse ;)
      Là on rentre dans des choix esthétiques, qui necessitent un vrai travail de la prise de vue et de ces tecniques.
      Le raw n’est pas une béquille, c’est de la matière façonnée, en attente éventuelle de finitions.

  4. Merci pour l’article ! Une piqûre de rappel qui ne peut faire de mal :)

    Un truc sympa que j’ai remarqué !! Avec windows 8 les RAW sont lisibles directement dans l’explorateur windows !
    Par contre, est ce que c’est l’installation de DPP qui installe un driver en plus ou win 8 qui interprète les CR2 d’origine, je ne sais pas car j’ai remarqué ça après l’installation..
    Mais en tout cas, c’est pratique !! :D

  5. comme déjà dit, un RAW n’est pas une lampe à huile de laquelle sort un génie pour faire des miracles :D Une photo de merde restera une photo de merde … c’est pareil avec le HDR d’ailleurs …

  6. Excellent article sur le sujet! Et concernant la perennité des RAW, je constate aussi que les logiciels du type Lightroom ont fait de tels progrès qu’on peut parfois « redévelopper » certaines photos un peu anciennes avec une meilleure gestion du bruit, de la netteté…. Donc, RAW et toujours RAW. Comme tu le dis, le prix du stockage n’est plus un problème, que ce soit les cartes mémoires ou les disques de sauvegarde à la maison.

  7. Wphil67

    Aaaahh, cela faisait longtemps que tu n’avais pas écris un article purement théorique :mrgreen: cool !
    Il est terrible, j’ai vraiment pris plaisir à le lire. D’ailleurs en passant, tu avais écris un article sur les pour/contre le format RAW / JPEG.
    Et certains arguments en faveur du JPEG existe :-P , par exemple sur des séances photos ou il est nécesaire de faire des photos en rafales, le RAW n’est pas adapté puisqu’il écroule rapidement le processeur du boitier + temps d’écriture sur la carte mémoire…

  8. Salut Franky !

    Je trouve ton article extrêmement intéressant, et très bien construit ! C’était un régal de le lire, j’ai appris beaucoup de choses !! Merci ;-) Les explications concrètes, j’adore ^^

    Donc au final, obtenir la photo que l’on souhaite dès la prise de vue, c’est dans 90% des cas une utopie ? (les 5% restants étants des cas très simples, comme un lowkey, une photo type « touristique » avec une exposition « scientifiquement parfaite » (un histogramme « scientifiquement idéal » ^^)…).

    Par contre, tu dis qu’il vaut mieux une photo sur exposée que sous exposée (« Si j’ai choisi d’illustrer mon propos avec une image sous-exposée, c’est simplement, car c’est le type de fichier le plus difficile à sauver. »), pour traiter le bruit numérique. Il me semblait qu’en numérique, il valait mieux exposer correctement les hautes lumières (donc une photo sous exposée: puisqu’on évite de cramer les hautes lumières, on sous expose légèrement) et rattraper les basses lumières en post traitement que l’inverse ^^ Il y a une nuance entre les deux ?

    • Entre la théorie et la pratique de chacun, il y a un monde …

      Suivant le type de capteur (ccd ou cmos ou néga scanné) le type de fichiers, le type de matériel, le type de lumière … la sensibilité de l’âge du capitaine, il n’y a que pour des usages de métrologie ou de reprographie, de photos à caractères scientifiques ou comparatives en conditions stabilisées que l’on peut créer des repères fixes.

      Ce qui permet d’ailleurs à certains « branleurs » (j’en ai aperçu un sur ces comms) de se dire testeurs, sans même connaitre l’usage de certains appareils de mesures « basiques », leur déniant une utilité, ou d’inventer la légende de l’histogramme comme il y a eu quelques années ou de « vrais faux HK » (ils se reconnaîtrons ^^). Je pense également au site genre les numériques, dont les tests sont vraiment sujets à caution (test du leica S assez hallucinant dans le genre sur focus).

      Apprend à gérer ta mesure de la lumière en fonction du matériel que tu as. Travaille et travaille encore tes prises de vues. Dis toi bien que le développement d’un raw n’est qu’une des étapes qui va te donner une photo. La lumière qu’il « stocke » est, elle, la chose à savoir interpréter. Pas le raw, c’est trop tard à cette étape.

      Teste toi même ton boitier à fond. Tu verras, obtenir le compromis qui te permet d’obtenir 90% des photos avec ton matériel se révèlera à toi, à force de travail.

      • Je suis bien d’accord avec ta réponse. D’ailleurs, j’ai posé cette question parce que depuis quelques mois je ne shoot plus qu’en Jpeg pour me forcer à mieux maitriser mon appareil photo, mieux maitriser la lumière… J’apprend à mieux soigner mes prises de vues.

        Mais en faisant ça, j’ai tendance à complètement négliger le post traitement, alors que parfois, il serai plus malin de shooter en Raw pour mieux gérer les décalages d’exposition ^^

        Du coup l’article me pousse à trouver un compromis entre les deux ;-)

        • Et l’avantage du RAW pourrait se résumer à qui peut le plus peut le moins: c’est comme de shooter en baissant la qualité sur le boîtier (M ou S sur Canon) J’en connais plus d’un qui a eu l’envie de tirer un poster… après avoir shooté en basse résolution « pour garder de la place sur la carte mémoire » !

          • Cocagne

            Si on tiens à garder les meilleurs fichiers donc en Raw et avoir un fichier partageable de suite il y a la solution de Monsieur Cyclopète : Photographier l’écran arrière de son appareil avec son smartphone dernier cri. et envoyer dans l’éther numérique.

        • C’est ce que je fais … et je pense qu’effecitement, les 15Mo/photo que tu économise sont bien assez pour grapiller quelques photos à la fin. encore qu’avec le double logement SD du D7K, avant d’être en rade de place …

  9. ThreeS

    Je ne sais pas si ça a déjà été dit dans les commentaires mais le RAW permet également de prouver que l’on est l’auteur d’une photo si jamais… :)

  10. Bourguignon93

    Sauf exception (comme les Nikon D00E et D7’100)

    c’est un nouveau modèle??? :zooh:

    bon maintenant vais lire calmement le reste!

  11. Pierrot

    Super article, j’ai presque tout compris (il faudra que je le relise encore une fois). Actuellement je photographie en JPEG et RAW, et j’utilise le raw pour de légères corrections d’exposition ou de balance des blancs, mais pas plus loin, pour une raison simple ayant des problèmes avec les couleurs (daltoniens) je me risque pas dans cette voie et je fais confiance à l’appareil et aux logiciels.
    J’aurais aimé ton avis sur la conversion des formats. J’ai lu à plusieurs endroits qu’il était mieux de convertir un Raw en JPEG avec un logiciel (DPP, Lightroom, Photoshop et autres) que par le boitier, qu’en penses-tu?

    • Je suis assez d’accord, car même si les processeur des appareils photo sont puissant, ils le seront toujours moins que celui de ton ordinateur. Du coup, avec une puissance de travail bien supérieur, le résultat sera vraiment meilleur :tumbsup:

      • Pierrot

        merci pour ta réponse, donc il ne sert à rien que je continue photographier avec les deux formats . Mais dans mon cas puis-je faire confiance aux couleurs des automatismes des logiciels ou de ne rien toucher et laisser les couleurs d’origine du raw?

        • Tu peux faire confiance, car même si on peut changer de couleur en post-prod, l’appareil fournit dans le fichier la balance des blancs qu’il aura mesuré. Ce n’est qu’une indication mais ton logiciel va se baser dessus pour interpréter la bonne température couleur.

      • J’ai la manie de photographier en doublé raw/jpg sauf si j’ai besoin de la rafale ou je ne fais que jpg (le tit 550D ne supporte pas la rafale en raw le pauvre ^^)
        ainsi, si le besoin s’en fait sentir je peux facilement montrer/partager/ou autre les jpg rapidement sans passer par la case dev.
        mais au final, est une bonne pratique ? que l’un des deux formats pourrait suffire.. est ce qu’il serait bon de ne garder qu’un des deux formats en fonction des situations ? ou est il plus simple de continuer ainsi ? (car au final, comme dit plus haut, vu le prix du stockage ce n’est pas gênant..)

      • Le problème n’est pas tant la place que prenne les deux fichier cumuler que le fait que ça ralentit très fortement tout le système.

        C’est d’autant plus vrai si ton boîtier est modeste.

        • Wphil67

          Ah tu vois, même les boitiers « récents » ne suivent pas forcement la cadence du mode rafale ;)
          Il n’y avait encore pas très longtemps, pour montrer rapidement des photos après une séance de shooting, on n’est pas forcement sur son ordi, et coté PC c’est souvent feuille blanche le RAW lol

      • Au final.. Basculant en jpg quand j’ai besoin de ressources ce n’est pas si gênant que ça..
        Mais c’est vrai qu’au final, dans le cas du double enregistrement ce n’est pas toujours utile vu que je repars du raw 80% du temps.. :hihi:

      • f1oren

        Je pense que cette réponse est une généralité valable dans la plupart des cas mais systématiquement. Après avoir été 20 ans chez Nikon je suis passé à deux boîtiers Fuji X et bien il est tout à fait envisageable d’utiliser les excellents jpeg du boîtiers si on prends soin de les régler soigneusement selon ce que l’on souhaite (rendu des ombres, rendu des hautes lumières, netteté, saturation). Pour l’instant je reste sur du raw+jpeg mais à terme je compte être principalement en jpeg qui à les retoucher légèrement dans LR.

        N’oublions pas aussi que si les processeurs embarqués dans les APN sont moins puissants, les fabricants optimisent le traitement logiciel en fonction des caractéristiques propres du boîtier, là où les softs comme Lightroom en sont réduit à jouer les devinettes avec plus ou moins de talent (plutôt plus il faut le dire à chaque nouvelle version).

        On en revient aussi à l’idée d’avoir dès le départ le rendu le plus proche de ce que l’on souhaite de la photo.

        Le raw n’est pas une finalité en soi, l’important c’est la photo finale et si on a boîtier qui permet d’obtenir ce que l’on souhaite directement en jpeg pourquoi s’en priver ? Pour le plaisir de passer du temps sur LR ? Sans parler des gains liés au format jpeg (universel, léger, utilisable de suite sans avoir besoin de passer par un PC -> tablette, smartphone).

        • Rien que retoucher la balance des blancs sur un Jpeg, c’est la mort … banding et artefacts au rendez-vous … Et on ne passe pas vraiment de temps sous LR. Si les photos sont correctement exposée (en jpeg, ça doit être le cas aussi pour les utiliser directement), une simple sélection, une modif, une synchronisation et hop, export en … ce qu’on veut. Jpeg, Tiff, PSD, …

          • f1oren

            il y a la théorie et puis il y a la pratique…

            Il faut aussi rappeler que LR utilise ses propres algorithmes pour le dématriçage, le traitement du bruit etc là où le traitement logiciel intégré dans le boîtier est spécifiquement adapté par le fabricant en fonction des caractéristiques de l’appareil. Le traitement du bruit sur les Fuji X est par ex excellent. Pourquoi alors s’embêter à devoir traiter le bruit à la mano sous LR si ça ne permet pas d’obtenir un meilleur résultat ? Sans compter qu’étant souvent en iso automatique, le bruit est quasiment différent à chaque photo nécessitant un traitement dans LR photo par photo.

            Je fais pas mal de noir et blanc donc la balance des blancs qui par défaut est déjà pas mal n’a pas tellement d’importance. Toujours sur les boîtiers Fuji X la balance des blancs est très facilement ajustable avec en outre possibilité de décaler les réglages standards pour les adapter à la réalité du terrain. Et si réellement on a besoin d’une balance des blancs exacte rien ne remplace le calage sur une charte de gris à la prise de vue (y compris en raw) par rapport à jouer de la devinette avec la pipette dans LR.

            Tiens je viens de tomber sur un article intéressant http://www.shots.fr/2014/06/30/7-questions-a-4-photographes-qui-utilisent-fujifilm-x/ notamment l’interview de Dominik Fusina qui non seulement utilise souvent le jpeg du boîtier mais ce permet aussi de le retoucher dans LR (gloups), sa galerie photo qui indique précisément pour chaque photo s’il est parti du jpeg ou du raw se passe pour moi de commentaire https://www.flickr.com/photos/dominikfoto/

            Qu’on se comprenne bien je ne dis pas que le raw est inutile, bien au contraire je l’utilise toujours, je dis juste que la sacro sainte règle selon laquelle il faut forcément shooter en raw pour tirer la quintessence de ces photos n’est plus forcément vraie en 2014 avec certains appareils dont pour mon cas le x100s et le x-e2. Je viens d’ailleurs de recevoir les premiers tirages de chez Photoweb et c’est superbe. Et travailler en jpeg direct ouvre de nouveaux horizons impossible en raw, plus besoin de passer par la case PC, un apn wifi, une tablette ou un smartphone et on peut partager des photos de qualité même loin de chez soi.

            Il est d’ailleurs regrettable que LR ne sache toujours pas gérer de manière acceptable la prise de vue en mode raw+jpeg se contentant soit de proposer un mode où les jpegs ne sont carrément pas visible dans le catalogue, soit un mode où les jpegs sont traités comme des fichiers totalement indépendant des raw (pas de syncho des métadonnées etc).

          • En réalité, si, la BdB est importante en N&B .. et oui … pourquoi ?
            Soit on laisse le boitier faire son N&B et dans 98% des cas on obtient un vilain gris et gris), soit on le fait soi-même. Dans ce cas, quand on produit un N&B, on va jouer sur l’intensité lumineuse relative teinte par teinte. Si la BdB est sur tungstène sur un paysage ensoleillé, bonne chance pour jouer sur autre chose que cyan / bleu et peut-être un chouilla de vert, et encore. Donc oui, la BdB joue sur le N&B.

            Ensuite, le vrai avantage du RAW, c’est la plage dynamique qu’il encaisse. Le jpeg ne peut pas (c’est mathématique, 8bits par couche au lieu de 14 … forcément …).

            Ensuite, pour le fait de pouvoir partager directement boitier -> internet (APN wifi comme vous le dites) … heu … perso, je trie d’abord, je vérifie les photos, etc .. et ça, c’est impossible à faire sur le boitier. L’écran est trop petit, trop peu défini etc.

  12. Très très bon article, bien écrit et surtout ….à la portée de TOUS, et c’est bien la, la difficulté.
    Et tu t’en sors avec honneur :)

    Bon j’arrête la lèche sinon ça va faire jaser dans les chaumières et tu vas encore être obligé de me reverser des royalties :nawak: :lol: :lol: :lol: :lol:

    En tout cas, ça fait plaisir de lire certains commentaires très pertinents :D

    Tu aurais pu faire une photo de lion pour le RAW (roar !!!! ) :nawak: :zooh:

  13. Super article qui explique très bien le fonctionnement d’un capteur, le raw, les iso et surtout le « quoi tu retouche tes photos, c’est un scandale » un article que je vais faire suivre car il est vraiment très bien écrit ;) Merci d’avoir pris du temps!

  14. Vraiment superbe comme article. J’utilise le format raw depuis un moment car généralement conseillé dans les mag photos ou par d’autres photographes mais je ne me rendais pas vraiment compte de ce que c’était hormis un gros fichier que je dois passer sous LR après la prise de vue. Merci beaucoup donc pour cet article qui en plus d’être très bien écrit, est vraiment intéressant

  15. minischwarz

    Bon anni :cry: :cry:

    Article sur le RAW très interessant, avec une meilleur compréhension sur ce domaine.Je l’utilisais déjà pour les photos de mariage, car c’est quand même plus sécurisant pour les retouches, pour celles ci j’utilise modestement i photo nouvelle version(je sais pas si tu en parlera dans ton article « retouche »), il se débrouille pas trop mal je trouve :tumbsup: Et comme Zanguyo, passage obligé par le JPEG en mode raphale sur mon 550D. :grrr: Interessant aussi l’explication de l’ISO et le pourquoi de l’apparition du Bruit.
    Merci pour tout ça :ll: :ll:

  16. Article ultra complet ! Ecrire un article aussi précis et détaillé doit prendre un temps certain pour ne pas dire un certain temps alors franchement un grand merci !

    J’avoue être assez étonné de me rendre compte que certains photographes de mariage shootent en Jpeg.
    Entendons-nous bien, ceci n’est pas une critique et chacun bosse comme ça lui chante.
    Cependant, considérant que le RAW permet de tirer la quintessence d’une image, je me demande quel avantage il y a à shooter en Jpeg (bon je me doute bien que ça permet une plus grande rapidité dans la livraison) ?

    • f1oren

      « J’avoue être assez étonné de me rendre compte que certains photographes de mariage shootent en Jpeg. »

      la vraie question est cela impacte-t-il (sensiblement) la qualité finale des photos ? Si non il est évident que les gains du jpeg pour un photo sont plus qu’intéressants. Un professionnel surtout avec un tel volume de photos et des contraintes de temps de livraisons fortes va forcément réfléchir au rapport temps passé/qualité produite

      • En mariage, oui ! Typiquement en église sans flash, on va soit exposer les personnes (et cramer les vitraux), soit exposer les vitraux et boucher le reste. En RAW, on peut récupérer une bonne partie des vitraux même s’ils paraissent cramés … et ça avec le jpeg, ce sera impossible, puisque l’information n’est même pas présente dans le ficher.

        Autre chose : la compression. En jpeg, on compresse AVEC PERTE, donc on a des approximations, parfois même du banding si le dégradé est très très doux. Avec le RAW, on produit un PSD, un TIF, … donc pas de perte. Car oui, un TIF, même compressé, est sans perte (à moins de choisir la compression JPEG, mais là, c’est vraiment très con du coup).

        Après, je n’obligerai personne à produire du RAW hein …

        • f1oren

          Eric Klasen:
          En réalité, si, la BdB est importante en N&B .. et oui … pourquoi ?
          Soit on laisse le boitier faire son N&B et dans 98% des cas on obtient un vilain gris et gris), soit on le fait soi-même. Dans ce cas, quand on produit un N&B, on va jouer sur l’intensité lumineuse relative teinte par teinte. Si la BdB est sur tungstène sur un paysage ensoleillé, bonne chance pour jouer sur autre chose que cyan / bleu et peut-être un chouilla de vert, et encore. Donc oui, la BdB joue sur le N&B.

          Ensuite, le vrai avantage du RAW, c’est la plage dynamique qu’il encaisse. Le jpeg ne peut pas (c’est mathématique, 8bits par couche au lieu de 14 … forcément …).

          Ensuite, pour le fait de pouvoir partager directement boitier -> internet (APN wifi comme vous le dites) … heu … perso, je trie d’abord, je vérifie les photos, etc .. et ça, c’est impossible à faire sur le boitier. L’écran est trop petit, trop peu défini etc.

          Le problème c’est que tu répètes sans doute depuis longtemps le même discours, pas faux en soit mais sans avoir pris en compte la réalité de certains boîtiers d’aujourd’hui. Je dirais aussi une pointe de mauvaise foi dans les arguments avancés mais passons.

          Alors en préambule :
          1/ oui je connais bien l’intérêt du raw et sa supériorité numérique sur le jpeg. Je suis passé au numérique à la sortie du D70 puis eu un D200 etc. La question ne se posait pas le raw était la seule solution (surtout passé 400 iso).
          2/ je n’ai rien contre le raw, je dis juste que la sacro-sainte règle « faut enregistrer en raw pour avoir la quintessence de ses photos » n’est plus systématiquement vraie avec certains boîtiers (dans mon cas Fuji X) et qu’on peut tout à fait choisir le jpeg du boîtier et réserver le raw à certains cas spécifiques.
          3/ rappelons les bases : dans tous les cas on a un fichier « brut » du capteur (enfin pas tout à fait les constructeurs corrigeant directement certains défaut mais passons) et au final une image jpeg 8bits (ou anecdotiquement un tiff) pour l’impression ou l’affichage écran. La seule question qui se pose alors est où fait-on la conversion pour obtenir un jpeg ? Il se trouve qu’en 2014 certains boîtiers permettent d’obtenir d’excellent jpeg.
          4/ le traitement logiciel embarqué a l’avantage d’avoir été spécifiquement optimisé par le fabricant en fonction des caractéristiques techniques du boîtier là où les logiciels PC type Lightroom doivent procéder par tâtonnement pour traiter au mieux les fichiers raw (d’où les différences de rendu selon les logiciels et les versions). En soit le logiciel embarqué n’est pas une garantie de qualité, d’ailleurs pendant longtemps ce n’était pas le cas mais comme je le répète certains fabricants ont fait de gros efforts (Fujifilm est du nombre).

          Pour tes 98% de jpeg noir et blanc grisâtre moi avec le X100s et le X-E2 j’obtiens par défaut des jpegs contrastés, dont je peux peaufiner le rendu des ombres, des hautes lumières, utiliser si je veux des filtres de couleurs pour modifier le rendu etc.

          Sur la justification du raw pour rattraper une balance des blancs réglées sur tungstène en plein soleil ouais bof déjà dans 99% des cas (moi aussi j’ai des stats au doigt mouillé ultra précises ;-)) les photos doivent être prises en BdB auto mais qui plus est une telle erreur doit facilement se remarquer en visualisant la photo sur le boîtier (sans parler qu’avec un viseur électronique ça se voit directement). Donc argument non recevable pour moi, en plus c’est un peu contradictoire avec le discours qui consiste à dire que le raw n’est pas aussi là pour rattraper les erreurs de prise de vue (alors que bon qui ne s’est jamais dit j’enregistre en raw, je sauverai les meubles à la maison sous LR ?). Mais oui dans un enregistrement en jpeg la BdB doit être correcte à la prise de vue c’est un fait.

          Pour la plage dynamique euh oui même en enregistrant directement en jpeg il est possible d’utiliser la fonction DR (dynamique range) qui permet d’accroître la plage dynamique de 200 ou 400% (sur les boîtiers X) et c’est très bien géré par le logiciel embarqué. Je rappelle a nouveau qu’il faudra bien au final que tu passes par la case jpeg si tu veux imprimer ou afficher ta photo sur le web (sans oublier de mentionner que les écrans et les papiers ont un gamut fort limité).

          Pour le wifi c’est anecdotique vu que seul le X-E2 en dispose, pas le X100S, mais en voyage avec un iPad (qui a un écran avec une résolution supérieure à celle de mon écran 27″) je peux parfaitement choisir mes photos. Certes l’écran n’est pas calibré avec un gamut ultra wide mais il est tout à fait honorable et comme je ne m’en sert pas pour faire de la retouche colorimétrique c’est très pratique.

          Donc certes en théorie le raw offre le plus grand potentiel mais il a aussi ses inconvénients pour un résultat final pas forcément meilleur que ce que permettent d’obtenir directement certains boîtiers.

          En réalité outre tous les avantages d’un flux de travail en jpeg (taille des fichiers, temps de traitement etc) c’est aussi un choix, soit on considère que l’apn n’est là que pour obtenir une image brute et que tout le restant du travail doit être déporté sur le PC, soit on choisit d’en faire le maximum directement à la prise de vue (sous réserve évidemment d’avoir un boîtier qui le permette).

          • Non, je ne répète pas la même chose depuis longtemps. ensuite, je suis bien assez grand pour tester par moi-même les choses.

            La mauvaise foi ? n’est-ce pas l’argument ultime de celui qui manque d’argument ? J’crois rêver …

            Allez, j’reprends les points …

            1/ on est d’accord jusque là ;)
            2/ j’ai dit 98% des boitiers … le fuji est dans les 2 % (avec aussi un certain … leica ;) ). Et je n’ai jamais dit qu’il fallait TOUJOURS shooter en RAW. Donc pas de « sacro-sainte règle » ici … Mais je parle mariage dans mon com’ (et oui, faut tout lire) … et en intérieur en église, tu vas pleurer sans la dynamique du RAW, c’est tout. Et je dis ça en connaissance de cause, pendant longtemps, j’ai fait du jpeg seul, ensuite, j’me suis bouffé les doigts … et j’suis passé à RAW+JPEG. Au départ, j’avais la grosse flemme de développer les RAW, je continuais donc avec les jpeg quand ils étaient bons (et oui, ça arrive, j’en conviens), mais dès que les conditions sont un peu difficiles, faut oublier le jpeg et passer au RAW.
            3/ oui, mais avec le jpeg direct, tu perds la récupération des hautes lumières en particulier, j’en ai fait les frais lors de mon dernier reportage (RAW+Jpeg pour pouvoir filer les photos plus rapidement au besoin) et grâce au RAW, j’ai très bien récupéré (j’ai dit récupérer les HL, pas les cramés pour de vrai hein).
            4/ C’est marrant, tu parles de mauvaise foi pour démonter les arguments des autres, mais le seul vrai argument (valable il est vrai) c’est ton Fuji. Donc à toi de ne pas tirer de généralité à partir de ton boitier.

            L’exemple du tungstène, c’était pour caricaturer un peu et souligner le principe. j’ose espérer que personne ne shoote en tungstène en plein cagnard ! Sinon, tu parles de la différence de traitement entre le soft du boitier et LR … qu’est-ce qui t’empêche d’utiliser ViewNX/CaptureNX chez Nikon ou le truc de chez Canon pour avoir les algos dédiés à ton boitier ??

            Ensuite, ta solution « fonction DR », ouais, un p’tit HDR quoi … histoire de compresser la plage dynamique du RAW dans un jpeg et pouvoir l’afficher à l’écran. en quoi est-ce un argument qui justifie la fin de la phrase « il faudra bien au final que tu passes par la case jpeg si tu veux imprimer ou afficher ta photo sur le web ». Rattraper les HL et BL à partir du boitier (sans vérifier ce qu’il fait donc) ou le faire avec le PC …

            Et tu finis par « d’obtenir directement certains boîtiers » -> oui, les 2% dont je parlais … la mauvaise foi, elle vient de qui là ?? Sans rire … pfff

            Allez, la dernière citation pour la route : « sous réserve évidemment d’avoir un boîtier qui le permette » -> ouais, ben … CQFD

            Bon, j’suis pas rancunier, si tu me donnes un bon argument (un vrai hein), qui ne soit pas un argument de flemme, je suis preneur.

          • f1oren

            dommage on ne peut pas éditer ses commentaires donc je corrige

            « oui je connais bien l’intérêt du raw et sa supériorité [mathématique] »

        • f1oren

          Tu n’as pas compris la question, je demandais as-tu vu le travail final livré par le photographe ? Comment étaient les photos ? Ont-elles satisfait les mariés ?

          De plus qui te dit qu’il n’utilise pas à bon escient le raw, justement par ex pour les situations difficiles comme les situations avec une grande plage dynamique ?

          Ton propos est d’énoncer une vérité générale comme quoi sans raw point de salut pour des photos de qualité. Je te dis que non qu’aujourd’hui certains boîtiers permettent d’obtenir des jpegs de très bonne qualité et que si c’est le cas un pro ne va sûrement pas s’en priver vu les gains que cela représentent.

          Après peut-être que c’était un sagouin incompétent qui a livré un travail de cochon.

          Pour le reste je renvois à ma réponse précédente.

          • « Ton propos est d’énoncer une vérité générale comme quoi sans raw point de salut pour des photos de qualité » -> ce n’est clairement pas ce que je dis …
            « En mariage, oui ! Typiquement en église sans flash » -> tu vois, on est loin d’une vérité générale …

            Par contre toi, tu passes ton temps à radoter sur le fait que TON boitier produit des jpeg de qualité et donc le RAW n’est dans l’ensemble pas nécessaire .. heu … c’est qui là qui fait une vérité générale à partir d’un cas isolé ??

            Assez pathétique ton argumentaire …

    • J’ai fait il y a quelques années un article sur le JPEG VS RAW, c’était uniquement dans le but de clouer le bec à quelques cadors du forum Chasseur d’image qui ne juraient que par le RAW sans en connaître les réelles caractéristiques. Juste des personnes prêtes à bêtement répéter les arguments donner par d’autre … c’était en 2008!

      Depuis, mon article n’est plus vraiment d’actualité, car dans les arguments que je donne, je parle de mémoire, de rapidité de traitement…etc.

      À l’heure actuelle, comme spécifiée dans mon billet, ce n’est plus vrai.

      Maintenant, pour moi un pro qui travaille sur un mariage en JPEG est juste un incapable qui ne devrait pas exercer!

      Pourquoi?

      La réponse est simple, l’amateur qui fait des photos pour lui-même n’a AUCUNE obligation de qualités, si ces photos son pourrit, c’est son problème et cela ne gênera que lui.

      Lors d’un mariage, un pro s’engage à faire un travail avec une certaine qualité, il se fait payer pour ça! Il doit donc s’assurer que tout ce passe au mieux afin qu’il puisse rendre des photos dignes de ce qu’on l’a payé.

      Un mariage reste un instant de vie important et non reproduisible. Si le photographe se plante, s’il fait une erreur, il ne pourra JAMAIS refaire la photo.

      De fait, un pro digne de ce nom, à deux boîtiers au minimum et travail en RAW!

      Ce serait simplement une hérésie de faire autrement.

      Je vais quand même répondre à f1lorn, car certaines choses qu’il avance me paraissent étranges…

      1/ oui je connais bien l’intérêt du raw et sa supériorité numérique sur le jpeg. Je suis passé au numérique à la sortie du D70 puis eu un D200 etc. La question ne se posait pas le raw était la seule solution (surtout passé 400 iso).

      Je suis passé au numérique à la sortie du Canon EOS D30 (et pas 30D) … j’avoue que ça remonte ^^

      2/ je n’ai rien contre le raw, je dis juste que la sacro-sainte règle « faut enregistrer en raw pour avoir la quintessence de ses photos » n’est plus systématiquement vraie avec certains boîtiers (dans mon cas Fuji X) et qu’on peut tout à fait choisir le jpeg du boîtier et réserver le raw à certains cas spécifiques.

      Pour le coup, tu t’avances beaucoup là, et je vais te démontrer que c’est faux au point 4!!! :tumbsup:

      3/ rappelons les bases : dans tous les cas on a un fichier « brut » du capteur (enfin pas tout à fait les constructeurs corrigeant directement certains défaut mais passons) et au final une image jpeg 8bits (ou anecdotiquement un tiff) pour l’impression ou l’affichage écran. La seule question qui se pose alors est où fait-on la conversion pour obtenir un jpeg ? Il se trouve qu’en 2014 certains boîtiers permettent d’obtenir d’excellent jpeg.

      Il y a une belle nuance entre obtenir de bon JPEG et tirer le meilleur de ce que peut offrir un capteur. Cette remarque, c’est un peu comme dire, je paye mon billet en classe affaire, mais je vais m’assoir en économie, car dans tous les cas j’arrive à destination … c’est juste, mais ce serait stupide 8-O :lol:

      4/ le traitement logiciel embarqué a l’avantage d’avoir été spécifiquement optimisé par le fabricant en fonction des caractéristiques techniques du boîtier là où les logiciels PC type Lightroom doivent procéder par tâtonnement pour traiter au mieux les fichiers raw (d’où les différences de rendu selon les logiciels et les versions). En soit le logiciel embarqué n’est pas une garantie de qualité, d’ailleurs pendant longtemps ce n’était pas le cas mais comme je le répète certains fabricants ont fait de gros efforts (Fujifilm est du nombre).

      J’avoue que j’ai relu plusieurs fois ce point tant il m’a paru étrangement en décalage avec la réalité des faits!

      Déjà, LR ne fonctionne pas par « tâtonnement », mais il y a bien des algorithmes prévu pour chaque type de boîtier! Quant aux différences entre programmes, cela ne vient en rien d’un manque de précision, mais d’un choix (que l’on peut corriger) de traitement propre au programme parmi l’infinité d’interprétations possible!

      Puis finalement, si on pense que seule la marque propriétaire est capable de tirer le meilleur du fichier brut, cela reste encore une erreur de confier la conversion à son appareil, pour une raison aussi simple que la puissance de calcul que peut fournir l’appareil photo VS l’ordinateur.

      Si je prends le programme de conversion des RAW fournit par une marque propriétaire, la puissance de calcul pour tirer le meilleur du fichier sera bien plus grande sur son ordinateur que ce que peut faire n’importe quel appareil photo, même les Nikon D4s et Canon 1Dx avec leur double processeur n’ont pas la même puissance qu’un simple portable!

      Donc non, le choix de tirer le JPEG direct depuis le boîtier, si on n’est pas un journaliste d’agence qui a besoin d’envoyer ses images en flux continu est une erreur!

      Pour tes 98% de jpeg noir et blanc grisâtre moi avec le X100s et le X-E2 j’obtiens par défaut des jpegs contrastés, dont je peux peaufiner le rendu des ombres, des hautes lumières, utiliser si je veux des filtres de couleurs pour modifier le rendu etc.

      Heu … Pour avoir testé tous les Fuji du marché, je te mets au défi de me produire un JPEG direct aussi qualitatif en N&B qu’un fichier amoureusement développé « à la main » depuis l’exceptionnel fichier RAF fourni par les boîtiers Fuji !!!

      Sur la justification du raw pour rattraper une balance des blancs réglées sur tungstène en plein soleil ouais bof déjà dans 99% des cas (moi aussi j’ai des stats au doigt mouillé ultra précises ;-)) les photos doivent être prises en BdB auto mais qui plus est une telle erreur doit facilement se remarquer en visualisant la photo sur le boîtier (sans parler qu’avec un viseur électronique ça se voit directement). Donc argument non recevable pour moi, en plus c’est un peu contradictoire avec le discours qui consiste à dire que le raw n’est pas aussi là pour rattraper les erreurs de prise de vue (alors que bon qui ne s’est jamais dit j’enregistre en raw, je sauverai les meubles à la maison sous LR ?). Mais oui dans un enregistrement en jpeg la BdB doit être correcte à la prise de vue c’est un fait.

      Là, ça devient terriblement réducteur, une balance des blancs parfaite n’est pas forcément le rendu recherché au final! 8-O

      Ce que je veux dire, c’est qu’un rendu se soigne, et en post-traitement, tu vas plus ou moins modifier une BdB pour qu’elle corresponde non pas à la réalité parfaite, mais à un rendu, qui fonctionnera bien avec la photo, comme quand on « réchauffe » une BdB sur un couché de soleil. Le jpeg direct ne permet plus cette interprétation du rendu, et cela va au-delà du rattrapage d’une erreur.

      Pour la plage dynamique euh oui même en enregistrant directement en jpeg il est possible d’utiliser la fonction DR (dynamique range) qui permet d’accroître la plage dynamique de 200 ou 400% (sur les boîtiers X) et c’est très bien géré par le logiciel embarqué. Je rappelle a nouveau qu’il faudra bien au final que tu passes par la case jpeg si tu veux imprimer ou afficher ta photo sur le web (sans oublier de mentionner que les écrans et les papiers ont un gamut fort limité).

      Encore une fois, et sans être redondant, ce que le JPEG direct peut faire, le RAW le fera largement mieux avec un meilleur contrôle des zones, des HL et des BL. J’avoue finalement ne pas comprendre pourquoi le fait de parler de l’impression change les choses, dans tous les cas on doit développer son image afin qu’elle soit affichable sur un écran et/ou sur du papier. C’est d’ailleurs là toute la force d’un RAW, de permettre de piocher dans ses infos pour en tirer le meilleur selon le support.

      Comme tu le soulignes, le papier et l’écran ont un rendu fort différent, le développement sera différent selon la destination finale de la photo. Avec un JPEG direct, tu limites drastiquement toutes possibilités développer le fichier de la meilleure façon pour sa/ses destination(s) finale(s).

      Donc certes en théorie le raw offre le plus grand potentiel mais il a aussi ses inconvénients pour un résultat final pas forcément meilleur que ce que permettent d’obtenir directement certains boîtiers.

      Je ne vois pas trop les inconvénients du RAW, j’ai beau réfléchir, je ne vois pas. Par contre, je suis catégorique, dans la plupart des cas, un RAW développé avec soin sera supérieur à un JPEG direct!

      En réalité outre tous les avantages d’un flux de travail en jpeg (taille des fichiers, temps de traitement etc) c’est aussi un choix, soit on considère que l’apn n’est là que pour obtenir une image brute et que tout le restant du travail doit être déporté sur le PC, soit on choisit d’en faire le maximum directement à la prise de vue (sous réserve évidemment d’avoir un boîtier qui le permette).

      Pour le flux, comme expliqué dans l’article, si on fait bien les réglages sur son programme d’importation, cela ne prend pas plus de temps de travailler en RAW qu’en JPEG direct.

      Quant à choisir le JPEG direct pour tout faire sur son boîtier, c’est un peu comme si à l’époque de l’argentique un photographe comme Willy Ronis donnait ses négatifs à tirer sur un minilab … C’est faire tout un travail de prise de vue dont on ne tira pas le meilleur, car on laissera une machine choisir le rendu final.

      Finalement, c’est triste!

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