©Jean-Michel JUSSIAUX (tout droit réservé)
Petite présentation :
Bonjour, je suis Jean-Michel JUSSIAUX, professeur de physique honoraire. Je suis un passionné d’optique et pratique la photographie et le cinéma en amateur depuis fort longtemps. Après une Flexilette AGFA (24 x 36 mm à 2 objectifs) offerte pour l’obtention de mon baccalauréat, un Nikkormat équipé entre autres d’un micro-Nikkor 3,5 f 55 mm, une Beaulieu 16 mm, un Rolleiflex SL 35 mm, un Olympus μ (miu) 2,8 f 35 mm, mon premier appareil numérique fut un Panasonic FZ 10 suivi des FX500, TZ7, TZ10. Mon goût pour les lumières difficiles, mon horreur du flash et mes économies m’ont amené à acquérir un Canon 5D Mark III que j’utilise autant pour les photographies souvenirs que pour ma nouvelle passion, la peinture réaliste en grand format.
Ergonomie :
J’ai acquis mon 5D Mk 3 lors des journées Canon organisées chez Bévalot PHOX à Besançon. À cette occasion, un grip était offert. Comme il était gratuit, je l’ai accepté, puis testé enfin adopté définitivement. Il agrandit et alourdit l’appareil, mais le gain en tenue en main et stabilité est considérable, finis les petits tremblements aux basses vitesses d’obturation, finis les crampes et les risques de chute. L’amélioration est importante en format paysage, considérable en portrait. Seul défaut, les spectateurs me demandent fréquemment pour qui je travaille, bien que j’aie mis un morceau de gaffer sur l’inscription Mark III et que j’aie acheté une courroie grise très moche. Autre avantage, on peut charger le grip avec des piles.
L’ergonomie globale me parait très bonne, j’apprécie particulièrement les modes personnalisables C1 C2 C3 (j’en aurais même souhaité plus), la séparation nette entre photographie et vidéo, la qualité de la visée, la possibilité de priorités ouverture et vitesse avec variation automatique de la sensibilité, le joystick pour choisir le collimateur de mise au point, les 2 molettes pour vitesse et diaphragme.
Je regrette que le correcteur dioptrique s’arrête à +1 dioptrie, car je suis hyper hypermétrope ! Bien que j’aie progressé, j’ai encore du mal avec l’exposition automatique et la mise au point continue en mode rafale, mais cela provient pour une grande part de moi. J’aurais cependant aimé une notice détaillée en français sur les subtilités de la mise au point, car entre les réglages accessibles uniquement par la touche « menu » et ceux accessibles uniquement par d’autres touches je ne suis pas encore complètement au clair. De même pour la mémorisation de l’exposition.
Il serait très bien que Canon France publie une notice en ligne bien détaillée, par exemple, j’ai appris je ne sais plus où qu’en mode « menu », l’appui sur la touche « Q » permet de passer instantanément au chapitre suivant du menu, gain de temps énorme.
Pour contrôler les photographies, le mode loupe est très performant (100 % et même plus), contrairement à ce que j’ai pu lire ici ou là.
Le grip apporte la possibilité d’utiliser des vitesses de prises de vue plus basses que la vitesse de sécurité, avec des objectifs non stabilisés, la limite étant liée au bougé du sujet.
Performances techniques :
J’apprécie beaucoup la qualité photographique donnée par ce 5D Mk 3. La mise au point est hyper précise et rapide avec tous les objectifs Canon à focale fixe dont je dispose pour l’instant, 2,8 f 20 mm d’occasion, 2 f 35 mm, 1,8 f 85 mm et même avec le 1,8 f 50 mm tout tremblotant dans sa monture en pur plastique. Impossible de faire aussi bien à la main, alors pourquoi se compliquer la vie ? Je n’ai eu besoin d’aucune correction de la mise au point.
J’apprécie le nombre élevé et la précision des collimateurs (dommage qu’ils ne puissent aller jusque sur les bords de l’image), par contre, en ambiance sombre, soit on ne voit pas le collimateur en action, soit on l’éclaire en rouge et on attire l’attention du sujet visé, soit on se résout à n’utiliser que le collimateur central au jugé.
Les tests à 100 % écran sont beaucoup trop discriminants par rapport à la réalité d’un tirage moyen format, tests discriminants au point qu’ils donneraient envie, comme cela existe sur Hasselblad, d’une fonction de correction automatique du point lorsqu’on bascule l’appareil après avoir pointé l’œil du sujet. Simple trigonométrie, mais inutile sur un tirage papier réel sauf peut-être en format géant.
Précision de la mise au point : La zone de mise au point déborde légèrement le collimateur affiché, cela peut induire en erreur lorsqu’on pointe un œil et que la mise au point prend en compte aussi la tempe.
Si le sujet porte des lunettes, la mise au point se fait non sur l’œil, mais sur les poussières accumulées sur le verre. Exemple, crop sur lunettes, Canon 1,8 f 85 mm ouvert à 1,8 et 1/180 s et 4000 ISO:
©Jean-Michel JUSSIAUX (tout droit réservé)
Je travaille systématiquement en mode silencieux qui permet de se faire oublier.
Les sensibilités élevées en JPEG direct (pour l’instant, mon PC est trop lent pour traiter les RAW) sont très bonnes. J’utilise le réducteur de bruit sur « faible ».
L’appareil a l’air très solide, mais étant extrêmement soigneux, cela m’importe assez peu.
Test de cartes SD : SD Sandisk 32 GB 45 MB/s class 10 aucun problème en vidéo, 1 seul cas de ralentissement dans une série rapide de prises de vues RAW + JPEG.
Test par curiosité de SD class 4 : Aucun problème en vidéo, je n’ai pas vu apparaitre le baregraph signalant l’approche d’une saturation de la mémoire tampon. Note, je tourne essentiellement par séquences courtes, héritées de ma pratique du 16 mm, 1 séquence = en général 6 secondes maximum.
Qualité d’image :
©Jean-Michel JUSSIAUX (tout droit réservé)
Les images sont excellentes, avec une qualité « photographique ». Les transitions net flou sont beaucoup plus belles sur tirages papier qu’à 100 % écran.
Ce qui me surprend le plus à chaque fois, c’est de constater que dans des ambiances de lumières pourries (nuit, concerts dans des petits bars, pistes de danse mal éclairées) le 5D voit mieux les couleurs que moi (et c’est lui qui a raison). Déjà, avec 2 mois d’apprentissage, j’ai vu la qualité de mes travaux progresser sensiblement.
Et lorsque je traiterai mes RAW, ce sera encore mieux. J’enregistre mes photographies sur carte SD en RAW plus JPEG 22 M pixels compressés au maximum (fichier d’environ 3 M octets) ; ainsi les fichiers JPEG sont Léger et leur qualité bien suffisante pour des tirages en moyen format.
Ressenti général :
C’est très curieux, cela ne s’était jamais produit avant, à chaque fois que je saisis mon Canon 5D Mark III pour une série de photographies, que je lui choisis une focale fixe, j’éprouve comme un sentiment de puissance. Sans flash, sans pied, presque sans lumière, je sais que l’image va sortir. L’ennui c’est que cela pousse à vouloir toujours plus, à quand la sensibilité de 1 million d’ISO ?
Mon seul regret est lié au manque de choix en grands-angulaires Canon à focale fixe et prix raisonnable. J’aime beaucoup la focale de 20 mm, mais mon exemplaire, qui a déjà beaucoup vécu, présente quelques faiblesses à pleine ouverture, tout en étant bien meilleur sur le terrain que ce qu’en disent certains tests. Je rêve aussi du 1,4 f 24 mm et du 2 f 135 mm.
Petite conclusion :
Je suis enchanté par mon achat, ma seule inquiétude est : « Que devrais-je sacrifier pour mon prochain voyage aérien low-cost ? Un ou deux objectifs, le grip, ma brosse à dents ? »

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