[Dossier Retouche] La retouche, c’est quoi?

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Dossier retouche – Sommaire:

Comme je vous l’avais promis un peu avant l’été, je vais vous écrire plusieurs article sur la retouche afin de créer un dossier complet sur le sujet que l’on trouvera dans un menu spécifique nommé … dossier, je sais, je suis d’une logique implacable.

Le premier point de ce dossier, va être de définir ensemble ce qu’est la retouche, afin que nous puissions travailler sur une définition commune.

Le problème, c’est qu’à l’heure actuelle, il n’y a pas de définition claire qui sépare la retouche du développement, selon les personnes et les sensibilités, la frontière entre les deux mots pourra vraiment considérablement varier.

Si vous fréquenter les forums, Facebook ou tout endroit où l’on expose ses photos, vous aurez remarqué que les débats sur les retouches sont nombreux et parfois comiques tant l’argumentation des uns et des autres ne s’appuie que sur des préjugés, le plus souvent faux.

Nous allons d’ailleurs tordre le coup au plus connu d’entre tous, et cela nous permettra de voir l’histoire de la photo d’une façon un peu différente …

La retouche n’existait pas du temps de l’argentique:

Cette affirmation est plus ou moins forte selon la personne.

Entre ceux qui sont certains qu’il n’y avait JAMAIS de retouche et ceux qui pensent qu’il y en avait mais que c’était occasionnel, on trouve toutes les théories.

La plupart du temps, cette vision des choses est clairement fausse, la retouche, le photomontage existe depuis que le photo existe et a clairement été utilisée de façon massive tout au long de l’histoire de la photo.

Je vous invite à regarder la vidéo ci-dessous qui devrait vous faire voir la retouche du temps de l’argentique de façon tout à fait différente:

Après avoir visionné cette vidéo, les préjugés sur la photo argentique pure de toutes retouches devraient maintenant avoir disparu.

Nous pouvons donc nous pencher sur le deuxième préjugé très connu, trop connu, qui est même devenu un gage de qualité, alors que ce n’est qu’une illusion, je parle bien entendu de la fameuse formule, c’est …

Ma photo est brute de capteur:

avant-apres

Qui n’a pas entendu cette fameuse phrase, qui serait signe d’une photo réussie, une photo sans la moindre retouche, prête à être diffusée dès la prise de vue.

Le problème, c’est que cette affirmation est impossible, car une photo brute de capteur n’existe tout simplement pas!

 Reprenons le problème dès le début.

Une photo ce sont des rayons lumineux qui sont focalisés grâce à un objectif sur une surface sensible.

La surface sensible, qu’elle soit chimique ou numérique, va garder en mémoire les informations de lumière.

Pour pouvoir exploiter ces informations de lumière et les transformer en photo, nous devrons passer par l’étape d’interprétation.

En argentique, grâce à la chimie et en numérique, grâce à des programmes.

Dans les deux cas, sans une manipulation extérieure, la photo n’existe tout simplement pas, car quoi qu’on y fasse nous devons interpréter les informations de lumière, qui ont été mémorisées.

Pour ceux qui ne l’aurait pas encore fait, je vous invite à lire mon article sur le RAW afin de mieux comprendre ce que j’explique ici.

Si je reprends le déroulement d’une photo, une fois que le déclencheur a été pressé, que la photo est “mémorisée”, va arriver l’étape du développement.

En argentique, celui-ci pourra être fait de façon manuelle grâce à un opérateur spécialisé, de façon automatique, grâce à une machine qui va faire le tirage, mais dans tous les cas pour voir la photo, il faudra la développer.

En numérique, c’est exactement la même chose, que ce soit le programme interne de votre appareil, qui va produire un JPEG, le programme de votre ordinateur, ou les bons soins que vous allez apporter à tirer le meilleurs de votre RAW, il va falloir interpréter les informations de lumière.

Et cela est obligatoire, car le fichier brut, celui enregistré par votre appareil, n’est simplement pas exploitable, on doit forcément passer par l’étape du développement.

De fait, un fichier purement brut n’est rien d’autre qu’un fantasme, car il y aura forcément eu interprétation des données, que ce soit par des algorithmes d’un programme ou par le talent d’un être humain, cette étape est inévitable. De fait, le fichier brut n’existe tout simplement pas, quoi qu’en disent les puristes de la photo.

Développement ou retouche:

Comme on vient de le voir, certaines grandes certitudes ne sont basées sur rien et ne sont que des idées, qui n’ont finalement pas réellement de sens.

Le point sur lequel on va se pencher maintenant est plus difficile, plus subtil et personne n’a une définition parfaite qui conviendrait à tous.

Ce que l’on peut affirmer, c’est que tout le monde est d’accord pour dire qu’une photo non traitée, le fameux “brute de capteur” ne peux être définie comme retouchée, elle est dans le meilleur des cas simplement développée.

Tout le monde est également d’accord pour dire qu’une photo dont on a ajouté volontairement un élément est un photomontage et de fait est une image retouchée.

Malheureusement, entre les deux, tous les points de vue s’affrontent pour déterminer la frontière entre la retouche et le développement.

Loin de moi l’idée de clore le débat, tout au plus de lancer une idée pour que tout au long de ce dossier sur la retouche nous soyons sur la même longueur d’onde.

Nous allons un peu oublier ce qu’on a déjà lu et entendu sur le sujet, on va essayer de partir de zéro et de réfléchir avec logique.

Nous allons prendre comme postulat de base qu’au moment où on a appuyé sur le déclencheur et que les informations de lumière sont enregistrées sur le support, il reste à les développer.

On pourrait donc dire, que tout ce qu’un programme peut faire de façon automatique, sans ajouter d’effets spéciaux, fait partie du développement, soit:

  • La gestion de lumière: l’exposition, la courbe, la gestion des hautes et basses lumières …etc
  • La colorimétrie: la balance des blancs, la saturation, les teintes, …etc
  • Les détails: contrastes, accentuations, gestion du bruit, …etc

La question qui va se poser alors, comment considérer ces trois points quand on agit sur eux localement?

C’est là que vont commencer les premiers points de divergence, personnellement et tout au long du dossier, la gestion locale de ces différents aspects reste à mon sens du développement, un peu comme quand on exposait plus ou moins longtemps certaines parties d’une photo sous l’agrandisseur.

Ce point franchi, si l’on va plus loin, comme ajouter, enlever un élément ou toutes autres choses du genre, nous considérerons ça comme de la retouche tout au long de ce dossier.

Nous pourrions débattre du sujet, car en effet, est-ce qu’enlever à l’aide du tampon une poussière sur le capteur est une retouche?

Il y a encore des centaines de questions du genre qui font de cette question un débat riche et passionnant, mais donc le but de cet article n’est pas destiné à y répondre.

Conclusion:

J’espère que ce billet vous aura fait plaisir, et surtout qu’il vous fera voir les choses de façon un peu différente.

Avec l’article sur le RAW et celui-ci, nous avons de très bonnes bases pour commencer notre dossier sur la retouche.

Le prochain article du dossier va parler … de tablettes graphiques!

Hé oui, avant de parler des programmes, nous allons parler des outils.

Si vous avez des questions, surtout n’hésitez pas.

Alors, je vous dis à très bientôt pour la suite de ce dossier.

Bon courage et bonnes photos

Pour du contenu suplémentaire et exclusif  ➡

À propos de l'auteur:

Il est beau, fort et musclé... Enfin, s'il n'est pas tout ça, il est passionné de photo, passion qu'il essaye de vous transmettre du mieux qu'il peut!

64 Comments
  1. Très légèrement à la bourre ^^

    Très bien cet article ! En plus il donne qqes arguments supplémentaires en cas de besoin :-P

    Petite coquille :

    En numérique, c’est exactement la même chose, que ce soit le programme internet de votre appareil, qui va produire un JPEG

    Je pense que le programme est interne.. Pas Internet ;)

  2. Nelrak

    Merci pour cette lecture, alors si j’ai bien compris sur l’exemple des deux photos, c’est du développement, donc une interprétation de l’image prise du capteur.
    Me réjouis de la suite…

  3. ary

    vivement la suite ! en esperant vraiment que ce dossier s’affranchira des programmes utilise et que les conseils resteront transposable meme pour ceux (comme moi au hasard) qui n’utilisent pas lightroom…

  4. Cédric

    Bonjour et merci Darth pour cette mise en bouche ;)

    Je savais quand argentique on pouvait jouer sur l’exposition et tout le reste, mais de là à faire du photo montage je ne le savais pas (bon je vais me coucher moins bête que je me suis levé “lol”).

    Merci aussi pour le lien du site de Eric Klasen ;)

    Allez maintenant au travail pour que l’on puisse continuer :zooh:

  5. On appelait les Maîtres Tireurs (ceux qui se servaient d’un agrandisseur pour mettre le négatif sur papier, les supers bons) des “Mains d’or”. Cette appellation vient du fait que pendant l’insolation, je devrais dire LES insolations, le maître tireur utilisait ses mains pour masquer temporairement la lumière. Cette méthode permettait, par exemple de rattraper des détails dans les noirs ou de renforcer le contraste. Quand je parlais de multiples insolations c’est justement pour pouvoir travailler plusieurs zones de l’image individuellement. On pouvait aussi utiliser les masques, des gélatines, des filtres dégradés et bien sûr le recadrage.

    La seconde partie dont on ne parle jamais c’est la chimie. Le dosage, sa température et les temps sont là encore déterminants pour le résultat. Et quantifié elle fait partie du Zone System qui sans cette partie est gravement amputée….

    J’ai eu cette chance de rencontrer l’un de ces personnages, mais trop jeune et sûrement trop con je n’ai pas compris alors la chance que j’avais d’être initié par un tel maître au tirage photo. Quand il prenait une photo, il savait exactement comment il allait la traiter. Se servir de différents clichés de la même scène à différentes luminosités n’est pas apparue avec le bracketing sur nos appareils numériques…

    Pour moi une photo est pensée, prise et développée. Et le développement sera poussé jusqu’au résultat prévu, que ce fut en labo argentique ou maintenant avec Photoshop. Je ne donne jamais une photo sortant uniquement de mon appareil, d’ailleurs pour moi le jpeg est une hérésie destructrice…

    Pour moi le “puriste” dont seul le JPEG issu de son appareil et vierge de toute manipulation est digne d’être regardé n’est en fait qu’un inculte du développement informatique. Choisir le format JPEG destructif s’il en est, en est la meilleure preuve. Il ne sait pas faire, il a horreur de l’informatique… Comment l’avouer, se l’avouer, c’est intellectuellement simplement et purement impossible… Alors cette personne devient malgré elle un “puriste”… Ce sont souvent et bizarrement ce qu’on appelle des intellectuels, de grands lecteurs classiques pour la plupart, mais pour qui se servir d’un micro-ondes ou changer une ampoule est un véritable supplice, cocasse non ?…

  6. corto8

    le commentaire de Gilles me rappelle ma jeunesse, ou en amateur je développais mes négatifs et autres photogrammes en chambre noire (enfin pas réellement noire puis qu’éclairée avec des ampoules inactiniques). il y avait un petit côté “apprenti sorcier” ou l’on testait différentes méthodes pour obtenir des résultats très différents en fonction des moyens employés (caches en cartons, filtres divers; multiples insolations. C’était réellement très créatif et dans une ambiance particulière liée à l’environnement (pièce fermée, lumière de “sous marin”, odeur des produits etc…….). Une atmosphère et des sensations hélas perdues avec l’arrivée du numérique et de l’informatique cependant d’utilisation plus “souple” .

  7. Michaël

    Très intéressant et tu sais nous rendre impatient pour le reste! J’ai très hâte de découvrir le prochain article.
    Je partage totalement ta vision et je trouve important de tenter d’apporter des définitions.

  8. Rosy

    Bonsoir,
    Merci pour cet article très intéressant. Je vais essayer de ne pas le perdre car le sujet sur le raw devrais aussi beaucoup me plaire.
    Aux balbutiements du développement numérique mais je cherche des infos histoire de mieux comprendre…. Ca m’aide beaucoup

  9. Shumway Gordon

    Après une longue pose pour cause de boulot, un petit retour à la photo après une suggestion d’une personne dont je tairais le nom. :-D
    Et bon, je vais éviter les commentaires techniques. Je vois que tu as enfin réussi à faire une photo de ces fameux rails qui te convient. :-)

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  1. […] nous explique pourquoi la retouche photo est essentielle! J’en profite pour rappeler que je propose dorénavant des cours de développement photo […]

  2. […] tricher? jusqu’où peut-on ou doit-on aller, etc.); vous trouverez un article de fond ici sur cette question si ça vous intéresse. L’idée est plutôt de faire un résumé très […]

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