17 déc 2008 Héron cendré

Aujourd’hui je vais vous pré­sen­ter le Héron cen­dré. Ce grand oiseau est aussi un grand timide. Il a, en plus, tous les outils pour l’être, car ce joli vola­tile a une excel­lente vue et une ouïe tout aussi satisfaisante.

De ce fait, il devient un peu dif­fi­cile de le pho­to­gra­phier. Bien qu’on en croise pas mal en cam­pagne, et même cer­tains s’aventurent jusqu’en bor­dure des villes. A tel point que j’en ai croisé un l’autre jour en voi­ture, planté au milieu d’un rond-point.

Com­ment se débrouiller pour le prendre en photo?

Là, il va fal­loir user de patience.

La pre­mière chose à faire, repé­rer où l’on peut en voir. Il faut trai­ner vers des plans d’eau, ils adorent pêcher.

Je vous conseille en pre­miers lieux de les obser­ver sans essayer de les pho­to­gra­phier. Bien repé­rer leurs habitudes.

N’hésitez pas à reve­nir plu­sieurs jours de suite regar­der ce qu’il se passe, com­ment ils réagissent, où ils aiment se reposer…etc

Un petit coup de pouce, voilà ce que dit Wiki­pe­diasur eux:

Des­crip­tion

De la même famille que les cigognes, les hérons cen­drés se carac­té­risent par un long cou, un bec long et pointu et de hautes pattes. Le héron cen­dré pos­sède une excel­lente vue pano­ra­mique laté­rale et une très bonne vision bino­cu­laire fron­tale. Son ouïe, égale­ment très déve­lop­pée, le fait réagir aux moindres bruits sus­pects. Le héron cen­dré atteint en géné­ral 95 cm de hau­teur et une enver­gure de 1,85 m pour un poids de 1,5 à 2 kg.

Le héron cen­dré pré­sente un plu­mage à domi­nante grise. Les jeunes ont un plu­mage plus terne : leur dos est gris-brunâtre, leur cou est gris et leur ventre est blanc rayé noir. Ils n’ont pas de ”huppe”. Les jeunes hérons acquièrent leur plu­mage d’adulte à l’âge de deux ans. Le héron cen­dré peut vivre 25 ans. Mais des hérons n’atteignent même pas un an.

Habi­tat

Grand échas­sier soli­taire (en dehors de la période de nidi­fi­ca­tion), le héron cen­dré se perche com­mu­né­ment dans de grands arbres le long des étangs. Il fré­quente tous les milieux humides et peu pro­fonds. Appa­rem­ment lent, il va tout de même à 45 kilo­mètres à l’heure. C’est un migra­teur par­tiel qui ne se déplace géné­ra­le­ment pas au-delà de 500 kilo­mètres; le héron a un ter­ri­toire peu étendu. Cer­tains sujets demeurent même séden­taires. Quand il chasse, le héron cen­dré peut demeu­rer long­temps immo­bile, le cou dressé, en atten­dant le pas­sage de sa proie. Lorsqu’elle passe à por­tée de son bec, il s’en sai­sit rapi­de­ment en pro­je­tant vers l’avant la par­tie supé­rieure de son cou.

Ali­men­ta­tion

Le héron cen­dré se nour­rit le plus sou­vent de pois­sons, mais il n’est pas exclu­si­ve­ment ich­tyo­phage. En effet, son régime ali­men­taire est égale­ment com­posé de batra­ciens, de rep­tiles, de crus­ta­cés, de petits mam­mi­fères (musa­raignes d’eau, cam­pa­gnols, mulots, rats), d’oiseaux et même de végé­taux (bour­geons). Le héron cen­dré ne néglige pas non plus les insectes et les mol­lusques ter­restres et aqua­tiques. Il peut digé­rer les arêtes mais il n’en est pas de même pour les poils de ron­geurs qu’il rejette sous forme de pelotes.

Repro­duc­tion

Les hérons cen­drés se repro­duisent de février à juillet. Ils nichent géné­ra­le­ment en colo­nies, appe­lées héron­nières, au som­met des arbres, aux bords des lacs et des rivières (celui de la seconde photo est en Durance au bar­rage EDF de Mal­le­mort). Les hérons y construisent un nid plat, en forme de plate-forme, où la femelle vien­dra pondre de 3 à 6 œufs bien clairs. Ces œufs vont être cou­vés alter­na­ti­ve­ment par les deux parents pen­dant 25 à 28 jours. A mesure que les petits gran­dissent, leur appé­tit devient tyran­nique et les deux parents doivent pêcher sans relâche, cha­cun de son côté. Les jeunes prennent leur envol vers 50 jours et quittent le ter­ri­toire des parents au bout de 8 à 9 semaines.

Chez le héron cen­dré, il est très dif­fi­cile de dis­tin­guer les sexes : la femelle a sim­ple­ment un plu­met un peu plus court.

Carac­té­ris­tiques

Le vol du héron cen­dré est lent, avec le cou replié (lové en S). Ceci est carac­té­ris­tique des hérons, à l’opposé des cigognes, des grues et des spa­tules qui étendent leur cou en volant. Leur cri est un fort croas­se­ment : « fraaank ». Le héron n’a guère d’ennemis, d’autant qu’il est pro­tégé depuis 1974. Il est même capable de vivre dans les plans d’eau des grandes éten­dues urbaines et peut ainsi être vu en plein Paris ou à Nantes sur les bords de l’Erdre. Il n’est pas rare de le voir déam­bu­ler parmi les automobiles.

Vous avez bien étudié la leçon? C’est bien, par­tez en repé­rage. Vous pou­vez même prendre des pho­tos des lieux pour pré­pa­rer au mieux votre excur­sion photo.

Une fois que vous avez trouvé le lieu, repé­rez les habi­tudes, trouvez-vous un endroit dis­cret, les choses sérieuses com­mencent, on va pou­voir faire les photos.

Il va fal­loir main­te­nant camou­fler votre pré­sence, je vous rap­pelle que notre ami est un grand timide.

Sans aller jusqu’à ache­ter un affut, vous pou­vez vous cacher (il fait res­ter très silen­cieux) der­rière des végé­taux. Il faut vrai­ment res­ter le plus dis­cret pos­sible. Habillez-vous en foncé. Pre­nez une cou­ver­ture de camou­flage si vous en avez une…etc.

Main­te­nant, il ne vous reste plus qu’à attendre en fai­sant le moins de bruit pos­sible. Par­fois vous pou­vez attendre long­temps. Le lec­teur MP3 est votre ami, et dans le silence de la nature, il n’est pas néces­saire de mettre le volume de vos oreillettes au maximum.

Ques­tion maté­riel, il vous fau­dra avoir la plus longue focale pos­sible. Plus vous pour­rez shoo­ter loin de l’oiseau, plus vous aurez de chance qu’il ne vous repère pas.

Pour l’AF, pas trop de sou­cie. Si vous ne le pre­nez pas en vol, il n’y a pas besoin d’une bête de course.

Il faut essayer aussi d’atténuer le bruit du déclen­cheur. Evi­ter les rafales qui génèrent beau­coup de bruit.

N’oubliez pas que son plu­mage à cer­tain endroit est clair, n’hésitez pas à légè­re­ment sous-exposer pour être cer­tain de ne pas avoir le plu­mage com­plè­te­ment cramé.

Il fau­dra peut-être vous y reprendre à plu­sieurs fois avant d’obtenir la photo que vous dési­rez. Ne bais­sez pas les bras si vous n’y arri­vez pas du pre­mier coup. Cet oiseau se mérite!

Dans la nature, ce n’est pas comme en stu­dio, on se plie à notre modèle, à la lumière du jour, et pas le contraire.

Je suis cer­tain que vous allez y arri­ver sans le moindre problème.

C’est donc de tout coeur que je vous dis :

Bon cou­rage et bonne photo!

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11 réactions
  1. HighLightz dit :

    Sympa ton petit article =]

    (PS: je veux un 300 f/2.8 xD mais je pense que dès que je peux je vais cra­quer pour le 100–400 –pour son range notam­ment^^
    excellent le bokeh dans les feuilles :p )

  2. Darth dit :

    Le 100–400 est très bien.

    Juste ce méfier, car c’est un vrai aspi­ra­teur à pous­sière (a cause du zoom à pompe)

    Merci pour ton com ;)

  3. Didil dit :

    sympa cet article, ça me donne encore plus envie d’aller affû­ter un peu ^^

    c’est vrai qu’un 300/2.8 serait un rêve, mais en atten­dant le 50–500 de sigma fait très bien l’affaire

    A+

  4. Darth dit :

    Alors si j’ai pu te don­ner cette envie, je suis plus que content.

    Je n’ai pas essayer de décrire les moment en affût, les gens sou­vent pense à tord que c’est une hor­rible attente, mais non, c’est un vrai bonheur.

    Le 50–500 de sigma n’est quand même pas hor­rible, ça reste une bonne optique!

    Merci de ton pas­sage ;)

  5. Didil dit :

    Non non, il n’est pas hor­rible du tout, honte à moi si j’ai fait pen­ser ça! Je l’adore, mais il manque un peu de piqué je trouve, sur­tout quand le sujet est lointain.

    Je dois dire que je l’utilise plus pour faire des papillons ou de la ”macro” que pour l’animalier, car il a un bokeh que j’aime beaucoup.

    Pour le peu d’affut que j’ai fait, j’ai été sur­pris comme le temps passe vite fina­le­ment, tel­le­ment de chose à voir et à être aux aguets pour le moindre bruit. bref vrai­ment sympa

  6. Darth dit :

    C’est un peu le pro­blème de tout les sigma, ce légé manque de piqué!

    Mais il faut bien recon­naitre que rap­port qua­lité prix, ils sont imbatable!

    Pour l’affût, exac­te­ment, tu résumes parfaitement!

  7. Nicolas dit :

    Belle leçon photo mais égale­ment de patience et de per­sé­ve­rence…
    Bravo !

  8. Darth dit :

    Merci à toi pour ce com­men­taire et ton pas­sage sur mon blog, ça fait plai­sir ;)

  9. Chopperrette dit :

    Je rajou­te­rais quand même quelque chose pour le coup des vête­ments fon­cés… Se ren­sei­gner sur les chasses ouvertes du moment. Parce que bon les chas­seurs… il y a les bons et les mau­vais chas­seurs et quand il voit un truc bou­ger (cou­leur forêt) ils ont un peu ten­dance à tirer.

    Et dans ce cas-là, il vaut mieux dif­fé­rer la sor­tie photo ou avoir un gilet de sécu­rité sur le dos, ça évite d’être pris pour du gibier.

  10. Darth dit :

    Très bonne mise en garde !

    On voit que tu es une fan des incon­nue, J’ADORE !

    Tu sais il y aussi le bon et le mau­vais pho­to­graphe … :mrgreen:

  11. Chopperrette dit :

    Je suis d’accord, mais c’est rare que le mau­vais pho­to­graphe t’envoie à l’hosto!! :lol: (Tu me diras, un coup d’objectif de 5kg, ça peut faire mal)

    Et puis j’ai été trau­ma­ti­sée par un ”cas pra­tique de droit sur les res­pon­sa­bi­li­tés” d’une amie ou un pro­me­neur en forêt s’est pris du plomb d’un groupe de chas­seurs (mais impos­sible de savoir lequel vu que c’était du plomb). Il a fini à l’hosto et il en est reparti avec l’hépatite C… Et toute la ques­tion était de savoir qui est res­pon­sable de quoi.

    Bref, ça fait vrai­ment réflé­chir, tu n’as pas envie d’être célèbre dans un cas pra­tique de ce genre! ;-)

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