Darth's Blog

Test terrain: Flash (studio) Profoto B1

Dans le monde de la photo quand on parle de flash il y a souvent deux réactions, ceux qui adorent et ceux qui détestent ça.

Le plus souvent, ceux qui n’apprécient pas ont une vision un peu fausse du flash, trop difficile, rendu peu naturel …etc.

⚠ Articles sur le flash ⚠

Pour ceux qui en auraient envie, j’ai écrit une série de trois articles sur le flash – série d’articles que je devrais d’ailleurs terminer  -, qui pourront vous donner une première approche pour bien comprendre le monde de la lumière artificielle ponctuelle.

En réalité, quand on sait bien utiliser son flash, on se rend vite compte que toutes ces appréhensions ne sont pas justes, au contraire, quand on comprend comment tout ça fonctionne, on devient vite accro et on a envie d’utiliser son flash presque tout le temps.

Plus on utilise son flash cobra, plus on se rend compte de ses limitations, on a très vite tendance à passer au flash studio, qui a des avantages notables, comme sa puissance incomparable, le nombre impressionnant d’accessoires, une très bonne qualité de lumière …etc.

Dans l’autre sens, il est très difficile d’être nomade avec des flashs studio, car ils ont besoin d’être raccordés à une source d’électricité, il existe bien des “propacks” pour ce genre de situation, mais ils sont souvent aussi onéreux que le flash lui-même, et dans les autres défauts des flashs studio, il y a l’absence de tous les automatismes TTL.

Jusque-là, on devait choisir la facilité d’utilisation et le côté nomade des flashs cobra ou l’efficacité et la puissance des flashs studio, mais il était difficile d’avoir les deux.

C’est de ce constat qu’est parti Profoto pour nous sortir le Profoto B1, qui sur le papier répond à toutes nos attentes, mais la question est là, est-ce aussi vrai sur le terrain?

Cette question est d’autant plus importante pour moi, qui en tant que pro fait un bon 60% de mes photos au flash ; c’est donc un sujet, qui me tient particulièrement à cœur.

Pour ce test, Profoto au travers de leur importateur Suisse GraphicArt AG a mis à ma disposition le B1 LOCATION KIT, qui comporte un sac à dos de transport, deux flashs B1 et tout le matériel nécessaire à leur utilisation, j’avais aussi plusieurs modeleurs et deux transmetteurs, un pour Canon et un pour Nikon.

Pour voir ce que les bestiaux ont dans le ventre, je les ai testés avec trois appareils différents, qui allaient me permettre de les pousser dans leurs derniers retranchements:

Le top des appareils photo pour tester ce qui se veut être le top des flashs.

La fiche technique:

La fiche technique du B1 ne peut pas laisser le photographe, qui aime le flash, indifférent.

Il faut dire que lorsque l’on s’attarde dessus, on constate que selon le constructeur ce flash allie tous les avantages des flashs cobra et des flashs studio:

  • Technologie AirTTL compatible Canon et Nikon
  • Mise à jour du programme interne possible.
  • Conception sans fil et sans câble.
  • Batterie interchangeable intégrée offrant jusqu’à 220 éclairs à pleine puissance et des dizaines de milliers d’éclairs à la puissance la plus faible.
  • 500 W/s, ajustable par pas de 1/10e de diaph. Sur une amplitude de 9 diaph.
  • Émet jusqu’à 20 éclairs par seconde, avec des durées d’éclair pouvant descendre jusqu’à 1/19 000e de seconde.
  • La fonctionnalité Profoto HSS (synchro haute vitesse) suffisamment rapide pour suivre la cadence de votre appareil photo, 10 fois plus puissante qu’un flash cobra ordinaire et extrêmement stable.
  • Conçu pour être utilisé avec plus de 150 modeleurs.

Compatible en E-TTL complet avec Canon et Nikon, offrant toutes les options, comme l’ajustement de l’intensité de l’éclair et même la synchro haute vitesse, ça laisse déjà rêveur, mais ce n’est pas tout.

D’une bonne puissance avec ses 500J et plutôt rapide le tout sans le moindre câble et avec une batterie incorporée, qui semble tenir la longueur, on a envie de dire, que demander de mieux?

Peut-être rien … ou peut-être qu’une ou deux choses pourraient être améliorées, on verra tout ça un peu plus loin, mais avant, attardons-nous sur son …

Aspect et ergonomie:

Plutôt compact, dans un gris anthracite très classe ce flash de 500w/s  est une belle pièce, très agréable à regarder avec son design soigné.

Le Profoto B1 est construit avec du matériel de qualité, qui en plus de flatter l’œil et le toucher, semble plutôt résistant et ce ne sont pas mes essais au froid et sous la neige, qui diront le contraire.

Pour ce qui est de son ergonomie, dans la grande lignée des flashs haut de gamme il a un bel afficheur arrière digital, qui permet en un coup d’œil de voir toutes les infos utiles, on trouve sous l’afficheur un grand bouton central, qui permet de régler l’intensité du flash par dixième en le pivotant de gauche à droite. De chaque côté de cette commande principale se trouvent 4 boutons pour contrôler le reste du flash, comme la synchro, lampe pilote, mode de flash … etc.

La batterie se monte sur le côté du flash, s’intégrant parfaitement au design de celui-ci, simple et efficace, il est très simple de la placer et de la retirer.

Je noterai par contre qu’il est terriblement dommage qu’il n’y ait aucun moyen de brancher le flash sur le secteur et qu’il ne fonctionne qu’avec ses batteries, cela aurait été un vrai plus que l’on puisse, au choix, le brancher sur une source de courant ou utiliser la batterie ; batterie dont nous reparlons plus loin dans le chapitre sur l’utilisation du flash.

Pour le reste, de par son poids très léger (moins de trois kilos avec la batterie, ce qui est exceptionnel), et sa grosse poignée, il est très facile à déplacer et à transporter, ce qui en fait vraiment un flash “studio” nomade que l’on prendra avec plaisir sur tous les terrains.

Je conseille d’ailleurs d’acheter des adaptateurs de support flash pour trépied, car ceux-ci seront bien plus à leur aise sur les terrains un peu difficiles que les trépieds studio traditionnels:

L’emplacement des lampes est protégé par une lentille, qui sert également de diffuseur basique, une idée très intéressante, qui permet d’utiliser le flash en toute sécurité, sans avoir peur d’endommager les lampes.

Pour ce qui est du pilotage, c’est l’Air Remote TTL, en version C ou N – respectivement, C pour Canon et N pour Nikon -, qui permet d’entièrement piloter les flashs et ceci jusqu’à une distance de 300 mètres en manuel et 100 mètres en E-TTL.

Avec son grand afficheur LCD, elle permet de contrôler entièrement les flashs, de les régler individuellement et donne accès à toutes les fonctions du flash ainsi qu’à tous les automatismes TTL pour Canon et Nikon.

Maintenant, que l’on a bien fait connaissance avec ce matériel, que vaut-il vraiment …

Sur le terrain:

Tester un flash demande de vérifier plusieurs points, comme sa température couleur, son NG, son temps de recyclage …etc, mais c’est également tester son comportement dans des conditions de prises de vues réelles.

Pour le Profoto B1, j’ai mis les petits plats dans les grands, shooting intérieur, shooting extérieur, dans toutes les configurations possibles et imaginables et de plus, dans toutes les conditions de temps qu’on peut avoir, soleil, pluies et même neige …

Je tiens d’ailleurs à remercier tous ceux qui ont bien accepté de se prêter au jeu, malgré ce que cela pouvait représenter comme problèmes et conditions pas toujours faciles.

Mon premier cobaye a été bien traité, au chaud et dans des conditions plutôt idéales, vu que c’était en intérieur.

J’ai pris en photo un packshot d’une bouteille de Coca-Cola zéro, un test de base, mais qui permet de révéler pas mal de choses, dont la qualité de la température couleur.

Ce que j’ai constaté, c’est que la température couleur du Profoto B1 tourne au alentour de 6’000°K et qu’il est plutôt très constant, ce qui permet de travailler la colorimétrie de façon précise, car assez neutre, aussi bien à la prise de vue en calant notre balance des blancs, qu’en post-prod où les écarts entre deux photos ne sont pas existants et ceci quelle que soit la puissance du flash.

Une belle homogénéité de la température couleur, qui reste très stable dans toutes les conditions.

Un atout, qui m’a permis de garder la couleur d’origine et neutre de l’étiquette tout en poussant sur les blancs, pour une ambiance “franche” pour le reste de la photo.

Toujours en intérieur, cette fois j’ai voulu connaître ses atouts en tant que flash studio pour du portrait, c’est donc Sara qui s’est prêtée au jeu dans un shooting d’intérieur.

L’effet de contre-jour a été obtenu en mettant le deuxième flash sur le balcon, ce qui m’a permis de donner l’illusion d’une forte luminosité extérieure venant baigner la scène.

Tout l’avantage ici, c’est de ne pas avoir de câblage et surtout une commande radio, qui ne va pas s’émouvoir d’être de l’autre côté d’une fenêtre ou d’un mur, même à bonne distance.

En intérieur, bien que sur le papier on puisse regretter de ne pas avoir de possibilité de brancher le flash sur le secteur, je n’ai pas eu de soucis quant à l’autonomie.

Profoto annonce 220 déclenchements environ à pleine puissance et plusieurs milliers en puissance moyenne. Je n’ai pas réussi à faire mentir ces chiffres, la séance avec Sara a duré un bon moment, lampe pilote activée et largement plus de 400 shoots sans que cela ne semble perturber le moins du monde les batteries du flash, qui on largement tenu la longueur.

Pourtant, il y a une petite nuance entre faire un shooting bien au chaud et faire des photos dehors quand il fait bien froid, les batteries ne réagissent pas de la même façon et on sait que le froid n’est pas forcément leur ami.

C’est donc direction le skateparc un jour de neige que j’ai décidé de continuer mes investigations et de pousser l’engin dans ses derniers retranchements.

Ici, le but était simple, voire sa résistance au froid, au temps humide, mais aussi sa capacité à fonctionner en rafale et en E-TTL

C’est donc armé de mes trois appareils photo que je suis allé tester tout ça et vous pouvez me croire des skateur, pour mettre à mal, l’AF, la rafale et la réactivité des flashs, il n’y a pas mieux.

Ici, le but était vraiment de ne plus s’occuper des réglages des flashs, on les positionne de façon idéale, on règle leur ratio pour obtenir l’éclairage voulu et ensuite, on laisse les flashs gérer eux-même la puissance de l’éclair selon la situation, l’angle de prise de vue, l’orientation …etc, de mon côté, je m’occupe simplement de suivre le skateur dans mon viseur et d’envoyer des rafales.

Entre le D4s et ses 11 images par seconde et le 1Dx et ses 12 images par seconde, il est clair que cette partie du test n’a pas été tendre avec le matériel et pourtant les Profoto B1 ont tenu le choc sans le moindre problème.

Que dire, si ce n’est que les Profoto B1 ont fait un travail juste incroyable, en nous rendant des images avec une lumière d’une qualité juste exceptionnelle, un vrai travail d’orfèvrerie parfait!

Comme nous étions dans le froid, c’était également le bon moment de tester les capacités des batteries.

Celles-ci ont tenu le coup sans le moindre problème, malgré les très nombreux essais pour obtenir une photo spécifique, dont vous pouvez voir  “les coulisses” de sa réalisation avec la photo ci-dessus.

Le but était de faire une photo spécifique en profitant au maximum de ce que pouvait nous offrir les Profoto B1.

Déboucher une ombre sur une pose “lente” avec déclenchement au deuxième rideau pour un effet de mouvement le tout en Fill-in, voilà la recette d’une photo avec un flash puissant, qui se comporte comme un flash cobra.

Dans cette matinée spéciale photo de skate, nous avons réalisé plus de 700 photos par -6°C et les batteries des deux flashs indiquaient qu’elles n’avaient pas encore atteint la moitié de leur capacité.

Le dernier point à vérifier était bien sûr le NG annoncé à 45 par Profoto et que j’ai également mesuré à 45, donc, pas de différence entre la mesure et ce qui est annoncé.

Après lecture de tous ces points, je pense qu’il n’est pas compliqué pour vous de deviner ma future …

Conclusion:

Le test du Profoto B1, est sûrement l’un des plus complets que j’ai fait dans le sens où j’ai vraiment eu l’occasion de faire des milliers de photos avec ces flashs et ceci dans toutes les situations possibles, en intérieur, en extérieur, par beau temps, par temps froid …etc.

Ce que je peux dire, c’est que le Profoto B1 frise la perfection, en réalité, je n’ai qu’un seul et unique reproche à lui faire, c’est l’impossibilité de le brancher sur le secteur quand on en a besoin.

Bien entendu, je peux un peu nuancer ce problème en admettant que je ne suis jamais tombé en rade avec les batteries et que rien ne nous empêche d’en acheter des supplémentaires pour le cas où, reste que l’option de pouvoir brancher le flash aurait été un vrai plus.

Pour le reste, je n’ai que des compliments et des louanges à faire à ce flash et particulièrement au B1 LOCATION KIT, qui avec ses deux flashs, tout le matériel et le sac à dos de transport, fait de ce flash un vrai produit nomade que l’on a plaisir à emmener avec soi.

Avoir toute la souplesse d’un flash cobra E-TTL avec toute la puissance et les possibilités d’un flash studio, en gardant en prime une ergonomie qui permet de transporter le tout de façon simple et aisée, je ne vois pas ce qu’on pourrait espérer de mieux, ou alors, une version un peu plus puissante, 600 ou pourquoi pas, rêvons un peu, du 1’200 w/s.

Comme expliqué en introduction, je suis d’autant plus attentif à tout ce qui entoure les flash, du fait que je les utilise au quotidien pour mon travail de photographe.

Dans tous les cas, pour un photographe qui veut des flashs de qualité et qui aime aussi à sortir de son studio, le Profoto B1 est clairement le compagnon idéal.

Je ne peux que vous le recommander, vous pouvez l’acheter les yeux fermés, vous ne serez pas déçu!

Bon courage et bonnes photos.